La vie est belle… Quand même…

A la base cet article est un morceau d’une lettre que je voulais envoyer à certains de mes proches.

Mais s’il s’avère que je préfère finalement la voix orale, avec le temps en discutant avec des toubibs, des infirmières, des patients atteints de la même pathologie que moi ou d’autres pathologies un minimum conséquentes, les remarques qui suivent sont tristement banales, habituelles et se déclinent dans des variantes en fonction des maladies bien évidemment.

Considérez donc ceci comme une tentative de sensibilisation à ma sauce dont la synthèse pourrait se résumer en quelques mots très simples :

« Faites gaffe aux mots qui sortent de vos bouches. »

On commence direct, de toute façon vu le sujet ça sera sale rapidement.

« Cool un cancer tu vas pouvoir glander au frais du contribuable. »

« Hey, je suis jaloux. »

« Tu fais pas de chimio ni de radio ? Mais c’est pas un cancer alors. »

« Non mais moi j’ai une femme, trois gosses et un travail, toi j’vais pas dire que t’as de la chance mais tu fous rien de tes journées, t’es en vacances. »

« Tu profites de ta maladie comme excuse. »

« Ça aurait pu être pire t’aurais pu choper le sida. »

Heu… Partant du principe que ce ne sont là que quelques exemples parmi une très longue liste, c’est abusé si je réponds en retard en vous traitant de gros connards ?

Sincèrement mais quelle personne dotée de plus de trois neurones fonctionnels est capable de sortir ça à quelqu’un ? Faut vraiment être le dernier des derniers *je-sais-pas-quoi.

La cerise sur le gâteau étant les petites phrases « bonus » quand tu te permets de faire remarquer que certaines remarques étaient peut être déplacées.

« C’est de l’humour. »

« Tu deviens susceptible, on peut plus rien te dire. »

Généralement si on est obligé de préciser que c’est de l’humour c’est que c’est qu’on s’est planté et pour ce qui est de se dire les choses et bien… Transposons un peu ces propos vous voulez bien ?

« T’as perdu la garde de tes gosses ? Cool tu vas pouvoir en profiter pour penser à toi. »

« Ta femme est en dépression ? Ça va elle s’est pas suicidée, pleures pas. »

« Ta boite se casse la gueule et tu dois des milliers d’euros a la banque ? Vois ça comme un nouveau départ ! »

Je continue ou l’absurdité ainsi que la bêtise de tels propos à peine digne d’un mauvais DRH dans une multinationale peu éthique et absolument pas du tout regardante sur la main d’œuvre sont elles plus explicites comme ça ?

C’est toujours marrant ?

Mais revenons en au propos principal puisque visiblement, être cancéreux ou atteint d’une affection à long terme est un état qui semble envieux.

Jaloux ?

De la chance ?

Pire ?

Des vacances ?

Mais jaloux de quoi putain ?!

De manquer de peu de finir stérile et impuissant voir mort ?

De devoir être complètement assisté H24 pendant trois mois avec interdiction de rester seul ?

De devenir un putain de poids à gérer pour ses proches qui doivent, en plus de leur quotidien, gérer chaque démarche du votre ?

De passer 5 mois en arrêt après deux opérations et plus de cachets et d’analyses que la plupart d’entre vous n’en ont jamais eu de toute leur vie ?

De devoir se taper des putains de vielles réflexions de merde du genre de celles d’au dessus chaque jour ?

De voir sa libido s’écraser ?

De commencer un suivi de 5 ans avec rendez-vous, scan, prise de sang et toubib tous les trois mois ?

Comme je comprends votre jalousie.

Encore maintenant je ne peux ni bosser, ni faire de formation, de stage ou de sport et même en y allant relax, si je force un peu il me faut deux jours pour m’en remettre, relax max !

Le mieux étant que pour des raisons administratives que je vous passe, je ne touche pour l’instant pas un centime depuis le 24 avril. A la charge morale et physique de vos proches rajoutez donc la charge financière.

Haaaaaa, c’est vraiment trop la classe de rien branler.

Socialement, personnellement, professionnellement, c’est une telle sensation d’épanouissement et d’accomplissement.

Voir que tout le monde avance dans sa vie mais pas vous…

Du-pur-kiff !

Hélas effectivement ce n’est pas le sida, je ne peux pas le transmettre à ceux et celles qui sont jaloux… Désolé, faudra vous débrouiller autrement et si vous me le permettez, j’aimerais substituer le « gros connards » du dessus par « bande de nazes ».

J’ai bien conscience qu’une partie (et une partie seulement, la simple bêtise n’excuse pas tout) de ces réflexions sont involontaires.

Par peur, par méconnaissance de la maladie ou par ce que cela peut renvoyer à certaines personnes, nombreux sont ceux et celles qui ne savent pas quoi dire ni comment réagir face a ce genre de situation ce qui fini souvent par des propos débiles et blessants.

Donc pour finir, quitte à me répéter, faites gaffe aux mots qui sortent de votre bouche.

Si certains mots sont des fenêtres qui ouvrent sur des univers immenses, d’autres érigent des murs hauts et solides que le temps ne suffira pas toujours à faire tomber.

Bises
P.F.Y.

P.S. : merci à mes deux relectrices anonymes.

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I find giants, i hunt giants…

Un-ganador-del-Oscar-estara-a-cargo-de-la-pelicula-animada-de-I-Kill-Giants-de-Joe-Kelly

[NDLR : pour en avoir discuté avec qq potes, le film est annoncé comme tout public mais je le déconseille aux enfants de moins de 12 ans. Non pas que ce soit violent mais qq scènes sont « stressantes »  et le côté dramatique du film n’est pas à négliger.]

Comme en ce moment c’est promotion massive sur les superhéros et qu’on brade tout, des scénarios à la logique en passant par le racisme ordinaire et la cohérence mais pas par le prix des billets j’essaye de rester raccord mais en mieux 😉

Car quand bien même vivraient-ils des aventures (parfois) extraordinaires j’ai beau avoir essayé pendant longtemps, j’ai absolument zéro empathie pour n’importe lequel de ces superhéros et génies (autoproclamés)

Tout le monde est vivant et le méchant est mort/en prison/devenu gentil YOUPI !!!

Tout le mode est mort et le méchant a gagné ? YOUPI !!!!!!

Tout le monde est mort, méchants et gentils ? YOUPI !!!!

Parce que oui, dans ses films, les personnages on s’en fout d’un bout à l’autre, clairement et comme la plupart font des choix stupides toutes les deux minutes, dur de s’identifier ou d’éprouver une quelconque compassion.

Un peu comme des bananes flambées sans rhum, si visuellement parlant ça claque peut être, niveau gout c’est fade, les arômes ne se mélangent pas aussi bien et surtout, surtout… Il manque le cœur… Le sentiment bordel !

Alors plus qu’un énième article sur un film que vous aurez de toutes façons surement vu avant moi, trois fois, et au ciné qui plus est, j’suis venu vous parler d’un autre qui, à ma connaissance est passé inaperçu en France.

Woups… On me dit dans mon oreillette qu’il… N’est pas sorti en France ?… Ha il sort plus tard ? Même pas, direct en DVD le 6 juin… Ha la distribution cinéma française…

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Bref…

L’affiche c’est le seul truc que je connaissais du film avant de le voir. Pas de trailer, de photo, de bande annonce, de potes qui m’en avait parlé, le nom d’un acteur « bankable » ou d’une quelconque chronique radio, rien, nada, qued, oualou.

Limite même pour ceux qui sont disposés à me faire confiance j’ai envie de vous dire, arrêtez la lecture à la fin de ce paragraphe, chopez le film et faites vous votre propre idée, je vois pas tellement de meilleure solution pour en profiter pleinement.

Pour les sceptiques bin, let’s go !!

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un jour on citera les créateurs plus que les financiers, yes we can !

Honnêtement, ma première impression ça a été un truc du genre :

« Wooo pitain, on dirait un mauvais remix entre Sucker Punch et Pacific Rim, avec un titre subtil, une bimbo en actrice principale et pleins de gros monstres explosés à coups des marteau magique tout du long. »

Mais je sais pas, la dégaine de la nana avec ses chaussettes rayées, son sac en cœur sur le côté d’une veste destroy et ses oreilles de lapin bin ça m’a intrigué et comme en ce moment j’ai du temps à occuper bin… HOP !

Écran séparé, Photoshop à gauche, film à droite.

*press play

Pas loin d’une heure quarante cinq plus tard, à ma grande surprise et contrairement à l’idée de départ, si j’ai bien ouvert une photo dans toshop, ça n’a pas été plus loin. Je suis vite passé en mode plein écran et, embarqué dans le monde de Barbara d’un bout à l’autre, j’ai rit, frissonné, espéré, rêvé et versé qq larmes…

Et ouais, ça fait bien longtemps que j’avais pas vu un film dans ce genre.

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Ce film donc c’est l’histoire de Barbara, une ado solitaire qui vit avec sa sœur et son frère dans une petite ville côtière américaine et dont la principale activité journalière, en dehors de l’école ou s’enchainent ennui, rendez vous avec le directeur et divers psychologues, est de protéger la ville des attaques de géants.

Analyse du terrain, incantations, préparation de pièges, créations de potions, sortilèges de protection, Barbara connait le sujet par cœur,  sait comment vaincre les géants et, jour après jour, armée de son marteau magique Coveleski, elle poursuit sa quête solitaire sous les yeux de son entourage dépassé par cette situation.

Jusqu’à ce que deux personnages ne rentrent dans la vie de Barbara pour la changer à tout jamais : Sophia, une petite fille du même âge que Barbara qui débarque tout juste d’Angleterre et madame Molly, nouvelle psychologue scolaire.

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AVIS PERSO

Positif bien évidemment ! En début d’article je me suis risqué à quelques comparaisons volontairement foireuses car « I kill giants » n’a rien à voir avec une quelconque prod MC/DC/others pour une raison toute simple dont j’ai parlé plus haut : le sentiment, le cœur ! (et le ratio scénario/effets spéciaux)

J’ai prit l’histoire plus ou moins à travers les yeux de Sophia (qui découvre elle aussi la situation) et je suis resté longtemps balancé entre ce que je voyais, pensais et espérais, tueuse de géante, ado complètement perdue, les deux ou tout à fait autre chose ?

Qui sait ?

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Si je devais donner quelques références (réelles ce coup-ci) pour situer le film, je parlerais de « Max et les maximonstres » , « le labyrinthe de Pan » ou encore (merci Marjo et Tof) « Birdman », les effets spéciaux assez classes remisés au second plan n’étant là que pour compléter (sublimer ?) l’histoire et renforcer l’intrigue du film.

Alors oui c’est connu, moins tu en montres, plus c’est facile de jouer sur la surprise et l’ambiance en te basant sur l’imaginaire du spectateur mais, pour le coup, je trouve que c’est bien géré.

EN VRAC

– 100% féminin : à part le frangin et le directeur de l’école qu’on voit peu, c’est girl power tout du long et… C’est cool ! Mention spéciale pour Zoe Saldaña qui est bien meilleure en psy qu’en E.T. et Imogen Poots dont le rôle de la grande sœur, moins secondaire qu’il n’y parait en fin de compte, et très bien joué.

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 – Le film est scénarisé par Joe Kelly, auteur de la BD originale du même nom qui sort en France en version reliée (complète ?) le 23 mars 2018. (précommande … check !)
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Sur ce messieurs dames, bon film, belle journée et… Au plaisir ?
P.F.Y.

 

 

Les nuits de la roulotte #16 (6/6)

Y’a qq temps j’ai dédié une de mes photos à un couple de potes avec une citation de Rubin « Hurricane » Carter que j’affectionne tout particulièrement et ce depuis de longues années :

« Celui qui déplore le manque d’opportunité, oublie souvent que des petites portes peuvent quelques fois s’ouvrir sur de grandes pièces. »

Pour moi les nuits de la roulotte bin ça a été exactement pareil :

Le texto de deux lignes d’un pote pour une invit à une réunion d’asso un soir de cafard.

Et Pourtant… Assez vite… Encore plus avec le recul… Il s’est avéré que l’univers qui se cachait derrière cette petite porte valait bien plus que certaines grandes pièces possibles et imaginables !

Prêts pour une immersion au pays des nomades, des concerts improvisés à toute heure et des nuits de danse endiablées dans la neige autours d’un bidon qui flambe sous la lune ?

Bin, c’est parti mes louloutes !!


GYPSY FOR A DAY

ou

La presque vérité sur la légende pas tout à fait
totalement inventée des nuits de la roulotte

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Associatif, évènementiel, univers tzigane et nomade, grands et petits enfants, musique, danse, spectacles de théâtre, chant, impro, jonglerie de feu, théâtre, marionnettes, battle musical, bénévoles, artistes de tous bords et j’en passe une pleine brouette on va pas tourner autours du pot trois plombes, ce festival regroupe trop de sujets qui me sont chers pour que je puisse être objectif en écrivant ces lignes.

D’ailleurs pour trancher net de style et comme je crois qu’après vingts jours de photo et de bénévolat j’ai un peu mérité de faire ce que je veux, jusqu’à la fin de cet article qui n’en sera pas un j’vais m’appeler Bogdan et j’vais me payer le luxe d’un assistant du nom de Sdrjan pour me rafraichir la mémoire au besoin et me servir des coups à boire pendant que je rédige.

D’ailleurs tiens Sdjran, verse moi un verre et va me mettre Aälma Dili en fond sonore.

– Mais Bogdan tu sais bien… On a pas le CD…
– Arf… J’ai bien aimé ce groupe, ça m’a rappelé le pays. Tant pis. Mets Radix et le fil d’Arianne alors.
– Mais… On les a pas non plus Bogdan, on a plus un sou, plus du tout.
– Monde de merde…. Bon bin remet Redstar Orkestar alors.
– Un cinq titres… En boucle… Depuis une semaine… J’aime bien aussi, rien à redire la dessus mais on est des gitans quand même !
– Si on était vraiment des gitans la musique on la ferait nous même !
– Oui bon d’accord peut être pas complètement gitans… Mais quand même tu sais jouer un peu de guitare et de violon non ?
– Ok, ok, ok, tu te fous de moi ! Tu veux me mettre de mauvaise humeur de bon matin, c’est ça ?!?
– Mais quoi ?! Qu’est ce que j’ai dit ?!
– Trois accords de metallica, un peu de nirvana, de nada surf, une intro des red hot et un vague souvenir de moriarty, c’est sûr qu’avec ça comme références si j’suis pas gitan j’suis au moins… Au moins… Rha bref, tu m’embrouilles…. Trouve moi de la musique !
– Mais Bogdan, je te l’ai déjà dit mille fois !! Tes combines à deux roubles ça nous coute plus que ça rapporte et ton dernier travail à la mine c’était y’a longtemps, avec quoi tu veux les acheter tes CD ?
– ….
– Tu vois, même toi tu sais pas.
– Sdjran ?
– Oui ?
– ….
– Quoi ?
– J’ai trouvé.
– Trouvé quoi Bogdan ?
– J’vais devenir conteur !
– Conteur, comment ça conteur ?
– Il arrive ce verre ?
– Oui, oui. Comment ça conteur ?
– J’vais te raconter une histoire sensationnelle mon petit Sdjran et j’irai la raconter à tous les enfants qui voudront bien l’écouter.
– Bogdan… C’est encore une combine qui pue à plein nez ça… Toi conteur ? Soyons sérieux. Et pis racketter des gosses, non vraiment non j’peux pas, leurs parents ok mais les gosses, on est des git….
– Tais toi Sdjran tu débloques… Pose le verre et tais toi… Ça commence.

Chapitre 1 : Chapiteaux sous la neige
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Cette histoire commence sur une bien triste et bien vide place carrée faite de gravier et bordée de grandes arches. Dans un coin des jeux pour les enfants mais c’est bien le seul endroit de toute la place qui semble abriter encore un peu d’insouciance et de vie, même les arbres tirent triste mine…

Le soir, les lieux sont souvent les témoins de rixes d’alcooliques, de flaques de vomi et d’histoires plus glauques encore que je ne raconterai pas ici.

Hélas, quand le jour se lève ce n’est que pour laisser apparaitre les nombreux mégots et détritus qui jonchent le sol…

Personne ne s’arrête plus sur cette place, pas même l’été pour de la pétanque ou pour discuter au soleil avec un ami. Alors petit à petit elle finit par avoir très mauvaise réputation, les commerces environnants ferment et la bibliothèque déménage. Les gens prennent l’habitude de faire le tour à chaque fois et même les touristes venus de loin, voyant ce grand carré totalement vide, préfèrent l’éviter eux aussi.

La place est morte…

Plus personne n’y passe du tout, pas même les chiens errants ou les oiseaux…

Jusqu’au soir où, en plein hiver, un sans abri venu d’un lointain pays d’est ne trouve refuge sous les arches de la place pour éviter la neige qui tombe. Il ne fait guère plus chaud qu’ailleurs mais ici au moins il est au sec et l’endroit semble si désert qu’il s’y sent assez en sécurité pour se recroqueviller contre un mur et s’endormir.

Mais, quelques heures plus tard, réveillé par le vent qui souffle, quelle n’est pas sa surprise de voir que bravant le froid, en deux temps trois mouvements, une compagnie de cirque s’est installée sur la place et a dressé deux immenses chapiteaux en plein milieu. Les pas dans la neige trahissent une récente et vive activité.

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Il se frotte les yeux un instant, pensant rêver mais non, les deux chapiteaux sont toujours là, comme deux refuges perdus au centre de ce carré blanc. Alors sans réfléchir, il se lève, soulève la jupe d’un des chapiteau et y entre pour se mettre au chaud et demander l’hospitalité.

Mais le chapiteau est complètement vide et plongé dans le noir…

Il se dirige alors vers le second chapiteau et y rentre mais pareil… A part un lustre poussiéreux et quelques guirlandes au plafond, celui-ci est aussi vide que sombre.

Tant pis se dit-il, au moins ici je serai au sec. C’est donc ainsi, calé contre un des mats du chapiteau qu’il se rendort aussitôt.

Chapitre 2 : Un accordéon et une assiette de goulashkumbiaborukanuitsdelaroulottePFYphotodujourbonjour

A son réveil Tilak, car tel est son prénom, n’en croit une nouvelle fois pas ses yeux. A ses côtés, sur le sol de graviers, sont posés un accordéon et une assiette de nourriture encore chaude. Il regarde autours de lui mais il est toujours tout seul sous ce grand chapiteau. Qui a donc bien pu lui apporter ceci ? Il sort jeter un œil dehors mais il n’y a personne non plus.

Ou presque…

Dans la neige, de nombreuses empreintes de pas convergent vers l’entrée du chapiteau puis disparaissent à l’intérieur. Comme si, cette nuit pendant qu’il dormait, une grande fête avait eu lieu et que personne n’en était encore reparti.

Non se dit-il, ce n’est pas possible, comment une fête a t-elle pu avoir lieu ici sans que cela ne me réveille ?… Et où sont donc passés tous ces gens ?

Mais il n’a pas le temps d’y réfléchir plus longtemps, son estomac le torture et, se souvenant de l’assiette au sol, il rentre immédiatement pour en profiter tant qu’elle est chaude.

Il pousse un peu l’accordéon, prend l’assiette et, avant même d’avoir pu en manger une miette, reconnait le plat : du goulash… Son repas préféré… En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, son assiette est vide et son estomac plein. C’est la première fois que cela lui arrive depuis plusieurs mois… Il sourit, pose l’assiette et ramasse l’accordéon. Ce qui est le plus bizarre c’est que ce soit le seul instrument dont il sache jouer. Il s’assied contre le mat du chapiteau et lève les yeux. Accroché tout au sommet un homme qui semble réparer les guirlandes et le lustre lui dit bonjour.

« Bonjour » répond Tilak machinalement avant de se figer.

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Il lève à nouveau les yeux vers le haut mais l’homme a disparu… Il croit une nouvelle fois à un mirage mais non, impossible ! L’inconnu, s’il n’est plus là, à réparé le courant, rallumé le ciel et, entre la lumière rouge orange tamisée du vieux lustre et les guirlandes blanches de pleines lunes, c’est un lever de soleil splendide auquel Tilak assiste.

Il se décale alors dans un coin du chapiteau pour profiter pleinement du spectacle et commence à jouer de l’accordéon. Un vieil air slave lent et un peu triste que son frère lui avait apprit il y a bien longtemps quand ils étaient jeunes. Il ferme les yeux et s’imagine avec ce dernier, jouant le même morceau, lui à l’accordéon et son frère au violon. Le temps de la chanson il s’évade loin au fond de ses pensées, de ses souvenirs et, sans s’en rendre compte, se met à sourire.

C’est alors qu’il entend une voix tout près de lui :

« – Tu te débrouilles plutôt bien avec un accordéon dis moi, ça te dis que je te présente des amis ? « 

Cette fois-ci, c’est sur, s’il n’est pas fou, il n’est pas seul  !!

Il ouvre les yeux et, pile devant lui, à trois ou quatre mètres se tient un homme étrange. Ce dernier, mal rasé et visiblement fatigué porte une chemise jaune avec une cravate verte pétante, une veste rouge sang et un bonnet en laine rayé. L’homme le fixe en souriant, un bout de clope au bec.

« – Bin alors tu comptes rester là ou tu te bouges ? Y’a du boulot d’ici ce soir. « 

– Stop, stop, stop. Une seconde Bogdan
– Oui, t’as raison, il est grand temps de se resservir un verre, passe moi la bouteille verte Sdjran s’il te plait
– La verte ? encore ?
– Oui encore, en souvenir.
– Ok, c’est toi qui vois. Mais dis moi juste un truc, ils sortent d’où tous ces gens ?
– Patience, tu verras bien.
– C’est comme genre… Comme de la magie ? Avec des baguettes et des incantations ?
– Non, c’est pas ça… Enfin… Oui c’est de la magie, mais pas ce genre de magie là, c’est plus… Subtil. Je peux continuer ?
– Oui, oui, pardon.

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Chapitre 3 : une fourmilière de cigales

En sortant du chapiteau, Tilak découvre étonné qu’une vingtaine de personnes s’activent pour nettoyer et préparer les lieux. Certains accrochent des guirlandes en travers de la place, d’autres dégagent l’épaisse couche de neige qui recouvre le sol et un groupe de filles prend à priori un grand plaisir à exploser des palettes à grands coups de masses jusqu’à ce que quelques musiciens ne sortent s’entrainer assis au grand air.

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Il s’avance un peu et s’aperçoit que sous l’autre chapiteau c’est l’effervescence, un groupe est en train de repeindre entièrement un bar fait de poutres et de palettes, un autre fixe au plafond des lampes, lampions et guirlandes, un troisième semble monter une petite scène et une ribambelle d’autres personnes passent dans tous les sens en portant, câbles, tonneaux de boissons et cartons divers.

« – Alors mon gars, reste pas planté là comme un piquet d’chapiteau. Qu’est ce que tu sais faire de tes dix doigts ? lui demande l’homme à la cravate verte.
– Heu… Rien… Répond Tilak. J’étais musicien, je sais jouer un peu d’accordéon mais sinon…
– L’accordéon j’ai entendu et pas qu’un peu mais ça sera pour ce soir. Tu sais rien faire d’autre ? Rien de rien ?… Y’a personne qui ne sache rien faire. Je sais rien faire c’est la réponse de quelqu’un qui se sous estime ou celle de quelqu’un qui a un poil dans la main. T’es lequel ?
– Je sais pas… Le premier je suppose ?
– Bien sur que t’es le premier ! j’te charrie. Allez vient, on va te trouver un truc à faire. »

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Et c’est ainsi que passe la journée, entre gestion des stocks, épluchage de carottes et d’oranges, installation de bidons pour le feu, préparation des lumières pour les spectacles, ré-ajustage de décorations et maquillages de certains artistes.

En fin d’après midi, Tilak s’est finalement rendu bien plus utile qu’il ne le croyait possible au début de la journée.

Posé dans un canapé, un petit sourire au coin des lèvres et le regard plongé dans les flammes d’un braséro, il est éreinté. Éreinté mais heureux. Il aime cette ambiance, ces gens. Il y a en ces lieux une sorte d’esprit bienveillant des plus appréciable, telle une couverture dans laquelle se glisser et se réchauffer… Se protéger…

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Il commence à s’assoupir quand il sent des mains se poser sur ses épaules et le masser. Très agréable sensation mais à peine arrive t’il à se détendre que le massage s’arrête et qu’un homme de grande taille vient se planter devant lui d’un air grave en lui tendant la main.

« – C’est dix balles le massage.

Talik reste sans voix un instant mais avant qu’il n’ai pu répondre quoi que ce soit l’inconnu, visiblement content de sa blague, éclate de rire et continue :

– En fait à la base j’venais te dire que tu peux aller manger avant de t’endormir sur place, mais après si tu veux un massage, y’a pas de soucis, tu reviens me voir et je m’en occupe.  Gratos. » rajout t-il avec un sourire.

Puis, lui indiquant une tente derrière les deux chapiteaux et lui souhaitant bon appétit, il s’en va proposer ses services à un homme qui s’étire sur un des canapés à côté.

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Chapitre 4 : Les âmes perdues

En rentrant sous la tente, Talik n’est même plus étonné de voir qu’il y règne la même gentille pagaille qu’au dehors, Dans un coin près de l’entrée un groupe se maquille pour l’un des spectacles de la soirée et tout autours certains mangent, d’autres tiennent des comptes, font des listings, boivent un café en parlant de tout et de rien ou profitent d’une pause bien méritée pour somnoler sur un coin de table.

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A l’autre bout de la tente se tient une dame avec un tablier de cuisine rouge et un grand sourire, dès qu’elle aperçoit Talik, elle lui demande :

« – Alors mon goulash, comment il était ?
– C’était vous alors ! Merci, vraiment, il était excellent. Il en reste ?
– Ha non désolé mais t’inquiètes pas, j’ai que du premier choix.

Elle se redresse en faisant claquer ses talons, le dos droit, une main le long du corps et l’autre repliée sur le ventre, prend une air un peu supérieur et annonce :

– Au menu ce soir mon bon monsieur l’équipe vous propose, soupe de légumes avec croutons de pain en entrée, croziflette végétarienne en plat principal puis yaourt, fruits, fromages avant un brownie en désert, le tout maison et/ou bio. Cela vous ira t-il ?

Talik la regarde dans les yeux un instant, souris doucement puis ils éclatent de rire en même temps.

– Allez, prends toi une assiette que je te serve, y’a de l’eau en pichet sur les tables, du vin dans le cubi derrière toi. Y’a d’la bière si t’as un peu de sous. »

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« –  Attends, deux secondes…
 – Qu’est ce qu’il y a Bogdan ? T’as l’air tout pâle.
– Cette histoire… C’est ma mère qui me la racontait quand j’étais petit… La suite me foutait toujours les jetons.
– Pourquoi ?
– Les peurs de gosse c’est pas rationnel… Ressers moi un godet s’il te plait.
– La verte encore ?
– Non, pas celle là, l’autre.
– Celle en forme de pieuvre ?
– Non, celle derrière, sans étiquette et un peu trouble.
– Bogdan… Ho… Qu’est-ce qui se passe ?
– Je te dis de me passer la bouteille.
– Enfin Bogdan… HO ! T’es fou ou quoi ? Tu sais ce que c’est cette bouteille ?!
– Sdjran, on va causer de choses sérieuses là, faut une boisson en conséquence.
– Bodgan, s’il te plait, fais pas le con !
– Allez hop, cul sec !!

Le temps d’être servi et de se retourner, plus de la moitié des gens de la salle sont repartis. Un ou deux retardataires les ont remplacé mais l’ambiance est beaucoup plus calme. Une femme en profite pour se glisser sous une couette en fourrure et fermer les yeux un moment.

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Un homme avec un bonnet en forme de perruque fait signe à Talik de venir s’asseoir à côté de lui pour manger.

« – Alors c’est toi notre accordéoniste matinal ?
– Oui. C’est vous qui étiez sur le mat ?
– Pardon ?
– C’est vous qui…
– Tu peux me tutoyer tu sais ?
– Ha pardon, c’est toi qui étais sur le mat ?
– Wep, Will enchanté
– Talik, enchanté !
– Je t’ai réveillé ?
– Non, non, du tout. Surpris par contre, j’ai cru que j’avais rêvé.
– Ha ha ha, c’est normal cet endroit est… Un peu spécial. Si tu restes un peu tu t’habitueras.
– Mais… Je comprends pas…
– Qu’est ce que tu comprends pas.
– Vous êtes ici depuis quand ?
– Seize ans.
– Sei… Tu t’fous d’moi, hier soir vous étiez même pas là !
– Hier soir c’est toi qui nous voyais pas, nuance…
– Hein, comment ça ? Ça n’a pas d’sens.
– Attends une seconde.

Il marque une pause pour aller se servir un café et reprend à son retour :

– T’es qu’au début du tour de magie et tu veux déjà connaitre les astuces du grand final ? C’est un peu se gâcher le plaisir non ? Arrête moi si je me trompe mais vu ta situation tu vas rester avec nous un moment alors… Peut être que le mieux c’est de te laisser découvrir ça par toi même non ?

Tilak le regarde sceptique.

– Ok, ok, j’te donne la base tu te débrouilles après, vendu ?
– D’accord.
– De nos jours les gens sont souvent trop préoccupés par une foultitude de choses pour voir ce qu’ils ont sous les yeux. Plus d’émerveillement, de surprise… Plus de magie. Ils ont perdu leur âme d’enfant et leur monde est devenu terne… Froid.
– Ils sont devenus aigris ? Méchants ?
– Méchants ? Non ! Enfin je crois pas. Aigris c’est possible… Tristes et seuls surement… Regarde toi. Hier soir tu t’endormais sous les arches à quelques mètres de là et après avoir fini ta nuit sous un chapiteau, te voilà maintenant face à moi.
– Je… Je suis toujours pas sûr de comprendre.
– Et pourtant il faudra, moi j’ai du taf et toi t’as un spectacle à aller voir. Bienvenue et…. Bonne soirée mon ami ! »

Chapitre 5 : Marchands de sourires (ref nec)

Will parti et la tente presque vide, Talik se rend compte qu’effectivement la nuit est tombée et que de l’extérieur provient un brouhaha grandissant. Il finit de manger tranquillement, nettoie ses couverts et se décide à aller voir ce qu’il en est.

A peine sorti il n’est pas déçu.

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Tandis que la lune brille au dessus de la place, cette dernière s’est conséquemment remplie de mômes de tous ages, tous les braséros ont été allumés, les chapiteaux ont été ouverts pour laisser circuler la foule et plusieurs scènes ont étés aménagées ci et là.

Sur l’une d’elles, le groupe de jongleurs de feu qui se maquillait sous la tente plus tôt se prépare à entrer en action. Sur une autre, devant quelques rangées d’enfants hilares habillés de grosses vestes, un clown essaye tant bien que mal de mettre la main sur une ampoule que son partenaire magicien fait apparaitre et disparaitre à sa guise. Les rires fusent et couvrent presque la musique qui provient d’un un orchestre improvisé installé sou un des deux chapiteaux et qui voit ses inspirations musicales changer au rythme de ses formations.

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Le temps que Talik traverse la place et arrive vers la scène, le quatuor de cuivres qui improvisait avec succès a laissé sa place à une chanteuse et un homme au hautbois, le batteur est devenu bassiste, le sonorisateur, percussionniste, le barman, batteur et le ska  s’efface doucement devant des sonorités orientales plus lentes.

Talik se pose à côté de la scène et commence à regarder les musiciens quand quelqu’un lui tape sur l’épaule, un homme avec qui il a travaillé cet après midi mais dont il à oublié son nom.

« – Je sais que t’as pas une tune mais c’est moi régale lui dit il en lui montrant qq jetons rouges qu’il met dans une caisse. Tu veux boire quoi ?
– Heu… Je sais pas… Bière c’est possible ?
– Bouge pas, j’te ramène ça de de suite.
– Merci ! »

L’homme disparait derrière le bar où une équipe s’affaire afin de satisfaire tout le monde, revient peu après une pinte à la main et repart aussi sec sans que Talik ai pu le remercier ou lui demander son prénom.

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Sur scène, la chanson se termine et une danseuse profite d’un duo de guitaristes et de chanteurs pour une danse flamenco, ses talons claquant énergiquement sur un sol de bois tandis que ses bras et ses mains, tantôt brusques, tantôt doux, semblent jouer avec quelque objet, ou personne, invisible. En un instant, le silence se fait dans le public et tous les regards se tournent vers la scène pour apprécier le spectacle.


Tous sauf deux.

Plantées devant Talik avec de grands sourires, deux filles le regardent en lui faisant un signe peace and love de la main.

« – Salut dit l’une d’entre elles. Nous on est la pour que tout le monde passe un bon moment et comme on te voyait tout seul dans ton coin, on s’est dit qu’on allait t’emmener voir les jongleurs, de la musique et de la dance y’en aura toute la nuit t’inquiètes pas ! »

CHAPITRE 6 : Les cieux de la roulottenuitsdelaroulottePFYphotodujourbonjour

« – Moi c’est Élie, elle c’est Lise. Toi c’est Tilak c’est ça ?
– Comment tu sais ?
– T’es une vraie célébrité dans le coin, faut pas croire.
– Ça fait longtemps qu’on avait pas retrouvé quelqu’un sous un chapiteau un matin enchaine Lise. Du coup t’es pas passé inaperçu et surtout t’as un peu foutu la pétoche à Will quand il est venu bosser, il t’avait pas vu et il a failli te marcher dessus. Il est arrivé en panique au petit dej pour nous demander si on savait qui tu étais rajoute t-elle en éclatant de rire. »

En arrivant dehors, ils constatent que les jongleurs sont descendus de leur scène, ont délimité une zone de sécurité avec des bougies et s’en donnent à cœur joie, les massues,  bâtons et cordes enflammés virevoltent au dessus des têtes, dans leurs dos et passent de mains en mains produisant un son grisant que complètent à merveille quelques percussions, une guitare et un saxophone

les chapeaux pointus en pleine action

Élie, Lise et Tilak s’assoient tous trois pour les regarder et continuent de discuter.

« – Tu restes un moment ? lui demande Lise
– Je sais pas… Quelques jours, une semaine… C’est possible oui.
– Cool ! Tu verras demain ça sera plus relax niveau installation, l’après midi y’a deux spectacles et le soir on remet ça avec les concerts et les scènes ouvertes !
– C’est quoi les spectacles ?
– Le premier c’est des marionnettes et de la danse, on les a déjà vu c’est génial ! Répond Elie. Enfin… Moi j’trouve ça génial mais j’ai 8 ans dans ma tête ça doit être pour ça rajoute t-elle avec un sourire.
– C’est important l’age ?
– Celui que t’as dans la tête, je pense.
– Je tacherai de m’en souvenir. Et le second spectacle ?
– Le second c’est moi qui l’ai choisi dit Élie. C’est une pièce de théâtre avec et sur deux réfugiés en France. Une pièce comique s’empresse t-elle de rajouter voyant le sourire de Tilak s’effacer.
– Un pièce comique ?
– Heu… Oui… Désolé, j’ai pas pensé… Non mais franchement ça va être bien, je t’assure ! J’viendrais avec toi mais t’inquiètes, ça se passera bien, j’pense même que…. J’pense même que ça pourrait peut être te faire du bien. »

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Alors que l’ambiance comme la lune semblent se couvrir de quelques nuages, une petite fille d’environ 6 ou 7 ans voulant sauter dans les bras de Lise, trébuche, renverse quelques bougies, la bière de Tilak et, après un vol plané, atterrit sur les genoux d’Élie manquant de peu de tomber la tête la première contre le sol.

Les jongleurs s’arrêtent mais à peine le temps d’avoir peur que la petite fille se redresse, regarde autours d’elle et palpe ses membres pour voir si elle n’a rien. Puis, voyant qu’elle est devenue un instant le centre d’attention, elle tend les deux bras en l’air en signe de victoire et crie « Strrrriiiiiike ! » en riant.

La foule, paniquée un instant, explose de rire tandis que, jouant son rôle jusqu’au bout, la petite fille salue le public sous les applaudissements de ce dernier avant de venir se blottir dans les bras de Lise.

 » – Tilak j’te présente Zoé, ma nièce ninja cascadeuse et musicienne, Zoé, j’te présente Tilak, il va rester avec nous un peu.
– Enchanté Zoé !
– Salut Tilak ! C’est bizarre comme nom Tilak, ça vient d’où ?
– C’est un prénom indien.
– T’es un sioux ? Ouahou, trop cooool !!
– Non pas ces indiens là, les indiens d’Inde.
– Ha… dit Zoé un peu déçue.
. Et toi, Zoé ça vient d’où ?
– De ma maman. Dis, tu m’emmènes voir les concerts ?

Tilak regarde Lise.

– Ça te dérange pas ? demande cette dernière.
– Du tout.
– Parfait alors, nous on va retourner bosser. J’vous fait confiance, vous êtes respectivement entre de bonnes mains. Si besoin on est jamais bien loin et au pire on se revoit plus tard.
– Ok, à plus tard ! »

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Quand Tilak, Zoé sur les épaules, repasse devant la scène où la danseuse se trouvait plus tôt, l’ambiance est maintenant aux airs slaves alors qu’au moins une dizaine de musiciens jouent pour presque autant de danseuses dans un grand final improvisé et explosif.

« – Moi plus tard, c’est ça que j’veux faire dit Zoé.
– De la danse ?
– Oui, de la batterie aussi, de la trompette et du violon. Mais du violon je sais déjà un peu en jouer.
– Ouahou fait Tilak impressionné, tu me montreras ça demain ?
– Hum… Oui mais juste à toi alors… J’aime pas trop quand on me regarde rajoute t-elle d’une petite voix.
– Ça roule, en échange j’te jouerai un peu d’accordéon.
– Marché conclu ! Dit-elle en tapant dans la main que Talik lui tend. Merci de m’avoir accompagné, sinon j’aurais pas pu venir. Et les concerts c’est mon moment préféré !

Arrivés juste devant la scène il la fait descendre de ses épaules et l’aide à passer de l’autre côté des barrières de sécurité. Sur la scène une foultitude de micros et d’instruments sont disposés et prêts à servir : guitares, violoncelles, trompettes, percussions, platines vinyles, accordéon, clarinette, batterie, violons, tubas, bandjo, contrebasse et bien d’autres. Mais parmi tous ceux ci Zoé n’a d’yeux que pour le saxophone étincelant au milieu de la scène jusqu’à ce que tout à coup la lumière ne s’éteigne sous le chapiteau et que le silence ne se fasse dans la salle.

Zoé tire alors Tilak par la bras pour lui dire quelque chose dans l’oreille :

« Maintenant t’es chez toi ici, tu fais parti de la magie. « 

Et alors que Tilak la regarde intrigué, elle l’embrasse sur la joue et se retourne pour regarder les musiciens entrer en scène…

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Et c’est ici que s’arrête notre histoire, personne n’a prit le temps d’écrire le détail de ce qui c’était passé ensuite mais on peut sans nul doute possible s’imaginer une folle soirée de danse et de musique jusqu’à tard dans la nuit.

Hélas la légende raconte que petit à petit, années après années, lentement mais surement les âmes perdues ont étés de plus en plus nombreuses et la magie a fini par cesser de fonctionner.

Les marchands de sourires sont alors partis sans prendre la peine de prévenir. Prévenir qui d’ailleurs ?

Personne ne sait où ils sont allés. Personne ne sait non plus ce qu’est devenu Tilak.

Mais…

Quelques voisins du quartier racontent cependant que depuis cette soirée, chaque année en hiver sur cette triste place carrée pour ceux qui savent tendre l’oreille, enlever leurs œillères et retrouver leur âme d’enfant, sous un croissant de lune éclatant, les chapiteaux sont toujours là et le spectacle que l’ensemble offre est parmi les plus magnifiques qui puisse vous être donné de voir…

« – Elle était belle ton histo… Pardon. Elle est belle ta légende Bogdan. J’me suis revu môme courir dans les rues pour aller voir les musiciens en cachette de mes parents le soir… Putain… Qu’le temps passe vite… Ouais elle était belle… Mais triste… Tu veux pas changer la fin pour un truc plus… Joyeux ?
– Tu veux changer une histoire que ma mère me racontait quand j’étais petit ?
– Ok, ok, j’ai rien dit, oublie.
– Elle est pas triste. Enfin si mais parce que tu vois le verre à moitié vide… Et en parlant de verre vide…
– J’pense qu’on va arrêter là Bogdan niveau picole, non ? Pour être honnête, j’suis étonné que tu sois allé au bout de l’histoire.
– Tu sais quoi ? T’as raison, sur la picole en tout cas. Faut pas être triste que ce soit terminé Sdjran, faut être heureux que ce soit arrivé.
– Ouais mais quand même…
– Ma mère a bossé avec des mômes toute sa vie et j’crois qu’elle me racontait cette histoire gosse pour essayer de me transmettre cette minuscule mais scintillante étincelle qu’elle a toujours eu au fond des yeux. Pas oublier d’être attentif aux petites choses, aux petits détails… Pas oublier d’être attentif aux autres.
– Et alors ?…
– Hum… Je sais pas…
– Parler à un assistant imaginaire ça compte pas ?
– Ça ça veut juste dire que j’suis fou, moi c’que je veux c’est rencontrer d’autres fous… Tu connais Chambéry ?
– Jamais foutu les pieds, c’est où ça ?
– En France.
– Pourquoi tu m’demandes ça ?
– J’ai bien envie d’y aller.
– En France ? Qu’est ce que tu veux aller foutre en France ? On galère pas déjà assez ici comme ça ?
– Elle, elle les verrait ces chapiteaux… J’veux voir si moi aussi pis… Quitte à pas avoir une tune, marchand de sourires j’crois que ce me botte plutôt bien comme métier. « 

– FIN –


 

Au départ, je voulais faire un compte rendu journalier du festival avec photos… C’était avant le lancement du montage du festival, j’étais encore jeune et naïf.

Après j’ai fait un papier sous forme de morceaux choisis mais j’ai l’impression d’avoir déjà fait 50 fois ce genre d’article et ça zappait forcément de passages et des gens alors je l’ai supprimé…

Puis finalement j’me suis démerdé pour pouvoir en écouter du Aälma Dili et un soir tandis que je jetais un premier œil sur certaines photos du spectacle de marionnettes de Coppelius, « interlude » est passé en même temps et y’a comme une petite scène qui s’est ouverte devant mes yeux.

Alors, ne pouvant vous parler de tout ni de tous tellement il y aurait de choses à dire de la prépa en amont au démontage final et de gens à évoquer entre orgas, bénévoles et artistes de tous bords, je me suis dit que quitte à raconter une légende autant en raconter une qui parlerait d’eux puisque cette légende si c’est moi qui viens de l’écrire, c’est eux qui lui ont donné naissance et fait vivre toutes ces années… Avec brio !

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Dream team (partielle) des Nuits de la roulotte – Promotion « Marchands de Sourires » 2018

En introduction j’ai commencé avec une citation que j’aime beaucoup et que j’ai déjà utilisé plusieurs fois, je vais finir de la même façon :

« J’ai reçu mon invitation au festival du monde et j’ai joué tant que j’ai pu. »
– Rabindranath Tagore –

Messieurs dames… Merci pour l’invitation !
Bogdan !


Compagnie musicale :

– Redstar Orkestar : Redsession #2 (grand merci pour le skeud !)
– EZPZ : Crazy Gordon – Joe Lambda (live)
– Ziveli Orkestar : Tumbala – Nema Vode
– Aälma Dili : Pour une poignée de dinars – Conquêtes – => Interlude <=
– Les Gars Dans L’Coin : Mes mots – Captain no life
– Goran Bregovic : Wedding Cocek
– Emir Kusturica : Dying song – Corfu – The Waterfall
– La Caravane Passe : Rom à Babylone – Gypsy for a day – T’as la touche manouche – Rame dans l’métro
– La bande originale de « Au revoir là haut » : Albert Swing – Variety Stomp
– Prop Dylan : Can you imagine – Keep on moving
– Stupeflip : Stup cauchemards
– Ratatat : Glock Nine – Party with children
– Smokey Joe & The Kid : Running to the moon – Smokid Inc. – Andrew’s Break

The age of stupid

Au départ je voulais intituler cet article « le dernier jour de mes vacances » pis… Le sujet me fout beaucoup trop les boules et malgré mon cerveau de secours qui me dit qu’être moralisateur ou agressif ne sert à rien… Je suis pas sur de pouvoir m’y tenir tellement parfois j’ai des envies de pleurs, de rage, de dents que j’aide à frapper violemment des trucs durs… Y’a quelques années j’avais déjà fait un ou deux papiers du genre j’avais alors appelé ça « Bande de gros porcs »…

Comme quoi y’a une évolution…

 » In my opinion our use or misuse of resources the last 100 years or so, I’d probably rename that age, something like The Age of Ignorance, The Age of Stupid.  »

– Alvin DuVernay –

 

Panorama 1

Il est 6h du mat je me réveille tout doucement face à la mer sur une sorte de léger promontoire au dessus d’une plage dans un parc national avec le soleil qui pointe doucement son nez… Y’a pas de bagnoles, pas de bruits parasites, juste moi, la mer, ma copine qui dort encore à côté et les grillons qui chantent déjà tous en cœur… Le matin parfait du dernier jour de tes vacances…

Ou presque…

Juste le temps de ramasser les quelques petits déchets qui trainent ci et la, laissés par les précédents locataires du coin, pour parfaire le moment.

Juste ?….

A peine lancé dans cette petite session nettoyage que notre petit dej se transforme en mission commando nécessitant une tenue complète et imperméable type décontamination lourde…

Au menu :

  • Une toile de parasol,
  • une dizaine de canettes en métal,
  • une trentaine de bouteilles en plastique,
  • deux ou trois morceaux de tente,
  • deux boites de conserve (pas ouvertes),
  • un sac poubelle de 60l (non utilisé…)
  • une cinquantaine de mégots,
  • deux casseroles,
  • des tampons hygiénique,
  • des emballages de capotes,
  • de la corde,
  • un paquet de pâtes pas fini
  • deux ou trois poubelles emballées mais discrètement cachés dans des buissons
  • et j’en passe…

Triste listing pour un rayon de 10 mètres et environ quinze minutes de notre temps… Listing dans lequel personne n’est épargné, il suffit de lire les emballages, allemand, français, espagnol, italien, arabe, anglais, « asiatique » et « russe » (dsl je pratique pas alors pour différencier…) tout le monde y passe.

Le temps de finir notre petit dej, de ranger notre matos et d’apporter notre funeste magot à une poubelle, c’est sur les nerfs que je propose à ma copine un mojito matinal pour se détendre et gamberger un peu sur le problème.

En traversant le parc national de Cinq Terre d’un bout à l’autre, comme bien souvent, on a trouvé que c’était aussi somptueux que dégueulasse… Partout… Pire même, on a eu l’impression que chaque panneau indiquant qu’il ne fallait pas jeter ses déchets (traduit en plusieurs langues) servait à l’inverse de décharge à ciel ouvert…

En fin de brainstorming, encore bien remontés, nouveau listing, des possibles cette fois ci :

– instauration d’amendes excessives pour les pollueurs pris sur le fait
– augmentation de de la prévention, notamment auprès des plus jeunes
– mise en place de battes de base ball derrière des vitres « à briser en cas d’urgence »
– création d’un collectif ou d’une asso
– réalisation d’un dossier complet sur le sujet
– recherches d’études déjà menées sur le sujet
– réduction de nos déchets personnels
– création d’un « label » non pollueur
– mise en place de partenariats avec les collectivités locales

Et c’est sur cette dernière idée que je pars direction la mairie de Monteresso al mar, armé de mes trois notions d’italien et toute ma motivation pour discuter un peu et gratter du sac poubelle pour continuer de nettoyer la plage.

Je vous passe les détails pour en arriver au résultat :

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200 litres en moins d’une demie heure à deux, aidés d’une dame sur la fin, mais ne vous y trompez pas, si on avait été 50 au lieu de 2 on aurait pas été 25 fois plus vite. On aurait eu 50 sacs remplis…

Bordel…

Des missions du genre j’en ai fait un paquet du temps ou j’habitais Aix-Les-Bains et les environs, maintenant que j’habite Sallanches, c’est pareil, tout comme en Espagne, en Allemagne, au Québec, en Angl…

En fait à peu près chaque endroit ou j’ai été ces dix dernières années, les connards pollueurs sont partout, réussissent à découvrir les moindre coins ou recoins pour être surs de bien tout niquer ou au pire s’en remettent aux courants et aux vagues pour parfaire leur œuvre…

Comment on en est arrivé là ?…

Quand j’étais môme, y’avait pas encore internet mais on était déjà sensibilisés à la pollution alors ma plus grande question reste de savoir comment, de nos jours, a l’heure de l’ultra communication, des gens peuvent s’en foutre ?

Parce que je ne peux pas croire à l’ignorance…

Je suis preneur de toute info pertinente, de tout contact utile (ou renseigné) ou de toute motivation pour… Je sais pas encore quoi mais il est évident que l’inaction n’est pas la solution !!

Amèrement,
P.F.Y.

HP – Historique de l’asile

couv

L’annexe – Znaybr, Reileb, Matt Raisin – An 4 après HP

Avant propos :

Suite au grand incendie de l’an 5 après HP qui ravagea l’asile il n’existe à ce jour plus aucun manuscrit original ou document officiel relatant sa création. De surcroît, le premier historien de l’asile ayant mystérieusement disparu,, il est relativement difficile d’arriver à établir un historique clair et complet.

Ce qui suit est un recoupement des diverses informations glanées au fur et à mesure de mes rencontres avec une partie des patients de l’asile à la fin de l’an 5 après HP. Les témoignages des patients sont parfois à prendre avec des pincettes ou a décoder. J’espère au mieux avoir retranscrit leurs propos.

Certains lecteurs crieront probablement au scandale devant les zones d’ombre et le manque d’investigations de ma part afin de rassembler tous les éléments, d’autres crieront sûrement au plagiat, je ne peux rien pour aucun des deux, il est de notoriété publique que la paperasse administrative de l’asile a toujours été floue et son historique, depuis le début, étroitement lié a un hôpital d’un tout autre genre.

Les notes entre parenthèses sont des rajouts personnels que je n’ai pu étayer. Toute information à leur sujet est la bienvenue afin de compléter cet historique.

Trois rivières

Trois-rivières – Znaybr &…….. – An 3 après HP

2002

Aucune information sur cette période que les patients appellent de nos jours l’an zéro. Il est clair qu’un événement majeur s’est produit à cette époque hélas ma recherche ne saurait aboutir faute de gens pour en témoigner ou de preuves concrètes et solides.

(S’il est impossible de savoir quand a exactement commencé ce nouveau calendrier, c’est à partir de 2002 qu’une année ne représente plus (forcément) 365 jours.)

An 1 : les prémices

Un samedi soir de glande de l’an 1 après de longues heures d’errance sur internet, les deux patients originaux, Nerd et Znaybr, se diagnostiquent tous deux les mêmes symptômes. Ils s’emparent alors de leurs appareils photos et tentent de maximiser les clichés afin de pouvoir étudier leurs cas en profondeur.

Dans l’espoir d’augmenter les chances d’un diagnostique rapide, ils rencontrent sur Lyon (et alentours) quelques experts mais très vite tous doivent se rendre à l’évidence, bien que certains spécimens d’étude semblent immunisés, ils tiennent dans leurs mains la première maladie psychologie contagieuse…

Ils contactent Matt Raisin, auteur amateur, dans le but de lancer un appel au secours et alerter les services publics mais ce dernier, à moitié fou, enfermé dans sa grotte depuis trop longtemps un casque sur les oreilles à gribouiller des p’tits bouts d’trucs en décide tout autrement, créant de ce fait et sans le savoir le concept qui servira de base au futur asile.

L’époque est troublée et d’une manière différente mais tout aussi étrange qu’à son commencement, l’an 1 se finit contre le bitume avec dans le nez l’odeur du plastique brûlé et dans les oreilles le bruit des matraques contre les boucliers…

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Lyon – Znaybr et Thomas – An 1

An 2 : L’asile

Alors que Znaybr et Matt Raisin commencent à organiser quelques voyages autours du monde bien décidés à propager leur maladie et à rencontrer d’autres patients, leurs préparatifs sont interrompus par la rémission soudaine et inexplicable de Nerd. Le trio se réunit au plus vite pensant pouvoir inverser le processus mais après de nombreuses tentatives et expériences rien n’y fait, la guérison est totale…

(Une cérémonie funéraire semble avoir été organisée afin de commémorer cette guérison mais impossible d’en savoir plus. A priori Nerd n’est par la suite jamais revenu à l’asile.)

Malgré le nombre de patients français grandissant et afin de ne pas se laisse abattre par la disparition du trio original, Znaybr et Matt Raisin décident de partir non seulement plus tôt mais aussi séparément.

Znaybr embarque Bezu Ze Pimp en Amérique latine tandis que Matt Raisin traverse le Rhin en excellente compagnie direction le plus gros concert de sa vie. Des deux côtés, les voyages sont riches en enseignements et en rencontres diverses même si il semblerait que le festivalier européen soit plus facilement contaminable que l’habitant bolivien.

A peine rentrés en France, Znaybr et Matt Raisin se retrouvent afin de partager leurs expériences et, devant le nombre de nouveaux patients recensés à travers le monde, prennent petit à petit conscience de ce qu’ils ont créé. Ils décident alors de réunir leurs fonds afin de créer l’Asile, refuge étrange mais hospitalier pour toutes les âmes en peine.

Il ne lui manque qu’un nom mais l’attente est de courte durée, après un rapide brainstorming Horizontal Prod l’emporte haut la main, répondant par la même à une question que des centaines voire des milliers de lapins se posent encore aujourd’hui.

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Logo Définitif 1 – Znaybr – An 2

An 3 Après HP : Peace and Tranquility to us

Le nombre de patients et quelques rentrées d’argent aidant, l’an 3 après HP commence par la création dans l’asile d’un espace dédié à la petite enfance ainsi que l’installation, près du jardin, d’une cour de récréation, le tout semblant arriver à calmer même les ardeurs horizontales des plus fervents extrémistes adultes.

A cette date l’asile recense pas loin d’une centaine de patients répartis dans une quinzaine de pays donnant à l’asile un petit côté tour de Babel des plus appréciable. Ils semblerait que les patients italiens et nord américains soient particulièrement atteins et nombreux à cette période.

– Salle de bains de l’asile –
Crédit : Lara

C’est aussi en l’an 3 après HP qu’apparaissent les deux premiers (seuls?) patients naturistes., amateurs occasionnels du apoilventre ainsi que le premier patient félin.

A ce jour l‘année horizontale la plus paisible et la plus florissante pour l’asile. Quelques soucis de voisinage, une ou deux plaintes et qq courses poursuites mais rien de bien grave, il faut bien que jeunesse se fasse.

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le monde selon HP – Carte MAJ en début d’an 6 après HP

An 4 après HP : Je suis Légion

Devant l’arrivée régulière de nouveaux patients le conseil d’administration décide de s’élargir et intègre en son sein Reileb, patient récemment diagnostiqué et doué dans le langage des signes.

Afin de marquer le coup (et se découvrant de nouvelles possibilités de contagion) ce tout nouveau conseil décide d’abandonner l’annexe préfabriqué qu’il louait pour construire de ses propres mains un annexe digne de sa réputation et à son image.

Dans cette même mouvance et afin de contrer les détracteurs de l’asile, de plus en plus nombreux, l’asile lance les premières misions commando. A ce jour nous savons juste qu’une quinzaine de patients y ont participé de leur plein gré.

Hélas si les les réussites de ces missions demeurent aujourd’hui encore inconnues (Le secret sur ces dernières ne pourra être levé qu’en l’an 54 après HP) le seul fait rendu public de ces missions est la disparition de Matt Raisin…

Porte parole de l’Asile et principal activiste extrémiste horizontal, ce dernier péchant sans doute par excès de confiance disparaît mystérieusement durant une mission solo dont lui seul connaissait l’objectif. Seuls seront retrouvés au sommet d’un immeuble Chambérien, son appareil photo,  un litre de kerdane et une note griffonnée :

« – A plat ventre
– Tu n’idolâtrera aucun visage
– Tu n’aura pour dieu que l’asile et…
– La drogue n’est pas une voie horizontale fiable
– Je suis fatigué d’expliquer… « 

Sur la carte mémoire une seule photo (désormais disparue) :

– An 4 après HP, je suis légion –
Crédit : Jessica LANGE

Appelée par un proche voisin, la police déclarera une fois sur place: « Laissez nous faire notre travail, dès que nous aurons de plus amples informations croyez bien que vous en serez les premiers informés. »

Paradoxalement, suite à la disparition de Matt Raisin si les patients sont toujours de plus en plus nombreux et affluent de toute part, les caisses de l’asile sont vides, les créanciers tapent aux portes et, à regret, l’annexe doit fermer…

C’est tout juste à ce moment que Tof, nouveau patient en phase 3, propose (à ses frais) la construction d’une école ainsi que d’une salle de projection dans cette dernière afin tout d’abord de mettre la priorité sur l’éducation des plus jeunes et ensuite pour pouvoir diffuser un reportage récemment tourné par les patients de l’asile sur leur propre maladie.

Le reportage est diffusé 7 mois plus tard, le jour de l’inauguration de l’école entre les patients les plus fidèles et les plus malades.

Et c’est ainsi, sur fond de Pearl Jam, avec des petits fours et du champagne que se termine l’a 4 après HP.

(le reportage réalisé en grande majorité par Matt Raisin n’ai jamais été fini ou jamais diffusé fini en tout cas (la version de l’avant dernière s’intitulant « HP3beta ») toute piste pour en retrouver une version originale et/ou définitive est la bienvenue.)

An 5 Après HP : le grand incendie

Pierre-François Youssouf, patient hébergé depuis quelques temps à l’asile, se propose de remplacer Matt Raisin en tant que porte parole. Les délibérations du conseil d’administrations sont longues et il est décidé de le mettre à l’essai, à juste titre.

Il s’avère que Pierre-François est bien plus efficace en extrémiste activiste qu’en porte parole, il est donc tout naturellement redirigé vers l’entrainement et l’accompagnement des nouveaux ou jeunes patients.

Hélas les quelques mois de préparation de suffiront pas… Les détracteurs de l’asile visiblement résignés à ce que ce dernier ferme se réunissent pour agir de concert et enfoncent les portes de l’asile en pleine nuit un certain 17 avril.

La bataille est rude et l’asile manque de peu de prendre le dessus un moment mais faute d’assez de valeureux guerriers, les défenses de l’asile finissent une à une par céder et en cent fois moins de temps qu’il n’en a fallu pour le construire, tel un château de cartes emporté par un tsunami, ce dernier disparaît dans les flammes sous les yeux impuissants de ses créateurs et habitants…

Dépités et amers d’avoir vu leur travail réduit à néant, de nombreux membres du conseil d’administration préfèrent démissionner et s’exiler. Les rares membres et patients restant fidèles à l’asile tentent ci et là de monter de petits centres d’accueil de quartier mais le cœur n’y est plus… HP était mort…

Znaybr s’exile outre atlantique, Tof en profite pour se réorienter, Reileb s’en va direction ailleurs et Pierre-François Youssouf disparaît à son tour, non sans laisser lui aussi une note. Bien plus explicite celle-ci :

« Monde de merde »

FIN DE LA PREMIÈRE ÈRE HORIZONTALE

Luc,
Historien officiel de l’Asile depuis l’an 6

– Boite au lettre de l’asile : horizontalprod@gmail.com
– le préfab temporaire de l’asile : https://www.facebook.com/groups/1892442160993625/

#leCrounemourrajamais

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(NDLR : désolé pour les fautes, mon assistante relectrice a prit quelques jours de vacances pour… Préparer ses prochaines vacances)

Après coup et malgré le son qui me passe dans les oreilles en boucle depuis la réception du stup addict pack, voilà un article que j’ai eu bien du mal à écrire. Comme si j’avais l’impression de parler d’un truc super perso, super intime… Curieuse sensation que celle de ne pas arriver à se différencier de son sujet…

Ça fait une paye depuis ma découverte de « Comme les zot' » dans une soirée un samedi en mode nawak, probablement entre Bloodhound Gang et les Smashing Pumpkins vu la clique et l’époque, quinze piges bow’del !

Trop de souvenirs avec des potes, mes frangins, de moments importants et banals ou le stup était dans mes oreilles, de soirées solo à écouter le stup à fond en boucle au casque dans mon premier chez moi sur un vieux poste. Une pièce de 9 m² avec une lumière tamisée, une atmosphère enfumée et des pages et des pages gribouillées sur de vieux cahiers.

(« tête vide » à récup/scan/rajouter)

Comme si, petit a petit, je m’étais approprié le truc, comme si certains textes me parlaient tellement que j’avais l’impression de les avoir écrit moi (aucun orgueil mal placé) ou qu’ils avaient été écrits pour moi (aucun égo mal placé) mais bref !

Vous l’aurez comprit, ça sera totalement subjectif, relativement long alors rentrons dans le vif du sujet mes lapins et merci pour la psychanalyse !


STUP INTRO

Depuis le premier album il m’a fallu à chaque fois du temps pour arriver à apprécier le contenu en entier, pour en avoir une vision globale, pour récupérer ci et la des indices afin de comprendre les divers mystères du Crou (ou à défaut me rapprocher). Je ne dis pas que j’aime toutes les chansons, non, même avec le temps pour certaines, je dis que j’aime leur univers, leur ambiance, l’ensemble qu’elle créent dans chaque album et l’ensemble que compose ces albums.

Je ne dis pas non plus qu’au vu de ce quatrième album (EP, Maxi et DVD inclus) j’ai tout compris mais là dessus limite même je préfère garder le mystère sur ce que Stup n’a pas dévoilé et laisser les gentils lapins de l’ASFH (peu nombreux mais ils existent) suivre la moindre piste pour tenter de résoudre, par des théories plus ou moins capilotractées, les mystères du Stup. Beaucoup de théories et quelques complots mais peu de résultats concrets.

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« Conspiraty Wall » by Rob Treen

STUP VIRUS

Première écoute en boucle entre le 3 mars 2017 à 15h et le 4 à 1h42 histoire de se mettre dans le bain, premières impressions :

  • L’album ne commence pas par la fin du précédent
  • Le virus en question n’est un truc moyenâgeux genre peste
  • Google trad a fait des heures sup
  • Pop Hip is still here ! (le contraire aurait été étonnant)
  • Quasiment tout l’album est centré sur le Crou
  • 1993….
  • Y’a dans cet album plus de cohérence que dans les précédents, dans les sons comme les paroles c’est un ensemble de chansons plus lissées. Pas forcément similaires mais moins disparates avec moins de sons « crades » ou « sales » et à mon grand regret, moins de gratte avec disto.
  • L’ensemble est super triste, du moins c’est l’impression que ça me laisse en fin d’écoute.

STUP AVIS

Depuis sa découverte presque par hasard, j’ai jamais rien attendu de Stupéflip, à part peut être ce quatrième album que voila. Du coup bin je dois bien dire que j’ai jamais été déçu. Pas plus par le Stup Virus que par les autres.

Oui ce nouvel album est différent des autres, avant même de parler du contenu, y’a qu’a voir la couv :

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Ju prêt à appuyer sur la détente et à enchainer les one shot musicaux à chaque pression de son index, contamination instantanée pour les profanes et bonne piqure de rappel pour les autres !

Seule photo du lot pour un visuel toujours choc mais moins flippant, moins agressif, moins violent, moins oppressant ou inquiétant et qui nous rappelle de prendre ça comme un jeu en mettant en avant le côté terroristes bienveillants que finalement Stupéflip laisse dans son sillage depuis ses débuts.

Le livret collector sympa, y’a surement quelques trucs à décoder dedans comme par exemple le fait que page 30/31 seule l’image « on va tous mourir » est en mat et qu’il y a marqué un truc illisible en plus petit a côté ou alors qu’une chanson commence dans un labo d’étude de virus au Kazakhstan mais je laisse ça aux lapins enquêteurs et à leurs heures perdues. En tout cas je suis content d’avoir cette version de l’album.

Les chansons maintenant… Débarrassons nous d’entrée du truc un peu pénible à mon sens : mam’zelle Cach’ton.

On va pas se mentir, Sandrine et moi va falloir un moment pour qu’on soit vraiment potes et c’est bien dommage parce qu’auparavant les intro/outro/interlude de Stupéflip j’ai toujours accroché direct alors que là…. Oui, si on veut c’est dans l’esprit de l’album mais à l’oreille… Bof…

Après c’est en mode nawak et sans aucun ordre de quoi que ce soit :

+ Understup (feat Colette) : « Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par le glaive, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. » (les quatre cavaliers de l’apocalypse, nouveau testament, chapitre six du livre de l’Apocalypse)

Surement qu’il y a un nom pour ce genre de zic qui mix de gros beats lourds avec des samples de chœurs et/ou généralement d’instrus à cordes de ce genre, j’le connais pas mais clairement je suis fan !  Ça le faisait déjà un peu avec « Stupéflip vite !!! » surtout avec le clip mais là je sais pas, y’a un côté chevauchée fantastique et légendaire en mode biblique qui me scotche et me donne envie de partir en croisade !

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Extrait  » Sur la terre comme au ciel  » By Tomasi, Snejberg &Hansen

+ Le trou noir (feat MC Salo) : Excepté Sandrine au départ, c’est ce genre de chanson un peu noire et loufoque que j’aurais aimé entendre un peu plus. Qui plus est la fin en « adieu » à Mylène enchaine magnifiquement avec « Pleure pas STUPEFLIP », rien à redire, le final est parfait !

+ FOU-FOU (feat Colette) : Stupéflip résumé en 45 secondes, comment dire ?… J’adore !

+ 1993 : Là… Où ça vous (a) fait le même effet qu’à moi et des mots seraient inutiles ou je vais pas détailler, on ne se comprendrait pas. Je pense juste que les jeunes lapins qui découvrent Stup avec cet album vont avoir un peu de mal à comprendre toute l’ampleur et l’impact de cette chanson et d’une certaine guitare qui, peut être, est maintenant quelque part, chez quelqu’un. Assurément un lapin avec des étincelles plein les yeux !

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Une autre référence où les jeunes lapins auront du mal

+ Stup Virus : Une rythmique assez peu commune pour le Crou mais qui au final passe pas mal du tout et que ma copine finira par adorer à force de me dire « c’est horrible, j’ai eu Stupéflip dans la tête toute la journée  » Mouhahahahaha !!! (elle commence à lâcher le refrain de l’understup en pleine rando, sans raison, dans le rythme et presque sans se tromper, on est dans la bonne direction)

+ La Seule alternative : Toujours dans les rythmes inhabituels, j’avoue moins accrocher. Pareil pour les paroles mais au moins le mec ne ment pas « un maximum sons qui font triper c’est ma priorité ».

+ Crou Anthem : Une autre chanson où j’pourrais arriver à lâcher une larme, envie de ralenti pour parer à la nostalgie, envie d’être au milieu de nul part avec une vue de fou, juste les bruits de la nature et des gens dans le même état d’esprit à rien dire, pas bouger, juste regarder le paysage en se repassant intérieurement l’hymne. Image figée, tous ensemble soudés chacun perdu dans son propre p’tit coin… … …

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Photo perso

La toute première fois que j’ai écouté « Crou Anthem », distrait une seconde par de basses préoccupations humaines, j’ai cru qu’il disait « on a la méthode et le sentiment » et depuis chaque fois que je la réécoute, j’y repense. Un peu comme l’art et la manière finalement… Mais en mieux 🙂

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MAL-LONG-ET-QUE-C’EST-PAS-ENCORE-FINI

Stup vieux ?

Stup vendu ?

Pop Hip  a prit le contrôle depuis l’outre tombe ?

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#ASFHart – Lapin Anonyme – sans titre

Bin… Non… Je pense pas en tout cas. Vieux forcément, un peu plus du moins, je connais aucun bipède pour qui le processus s’inverse, Ju doit avoisiner la cinquantaine, du coup Cadillac probablement pareil. (Pop Hip a 17 ans de moins que ju, sachez le, il aime pas qu’on rate son anniversaire)

Au fur et à mesure de mes écoutes du Stup Virus j’ai de plus en plus l’impression que, fatigué, lassé ou petit a petit, Stup s’est assagit, plus envie de taper comme un type dev’nu aigri ou d’faire « Cra Cra Cra Cra Cra ».

Y’a toujours cette patate, cette joie et cette tristesse mais je ressens plus vraiment « la rage » qui était (bien plus) présente dans les précédents albums. Comme si les diverses entités physiques et imaginaires de Stup finissaient par n’en faire plus qu’une, plus mure, plus réfléchie et c’est pas forcément pour me déplaire.

En dehors de la cohérence et du côté plus « lissé » de l’ensemble dont je parlais plus haut j’ai aussi l’impression que du coup cet album a un côté plus sincère, plus intime, comme si une partie du masque était tombée avant que le rideau ne se ferme… Tristement…

Comme pour les précédents, il me faudra un moment pour arriver à apprécier pleinement ce Stup Virus et puis si un jour, quand j’aurais fini de n’écouter que ça à longueur de journée, je trouve que même avec le temps il manque des éléments du Stup que j’aimais dans les précédents albums je ferais tout simplement revenir ma playlist de quelques années en arrière 😉

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Photo :  David Arnoux

STUP FIN ?

Il y a beaucoup de lapins qui disent que c’est la fin, qu’entre 2017 et 2999 il n’y aura plus rien, que vu certaines chansons de Stup Virus sur le Crou et ses mystères cet album est un au revoir, une consécration définitive sous forme de révélations, bref ils en disent des choses les lapins, à croire que certains sont devins ou ont des infos de première main, peut être… Qui sait ? Moi pas…

Je me permets juste de penser que c’est un peu prématuré comme avis seulement quelques jours après la sortie du CD et à encore quelques mois de la Stup Party. Je sais bien que c’est pas la patience qui caractérise le mieux les lapins mais quand même, à un moment il serait peut être bon de savoir profiter de ce que l’on a quand on l’a, non ?

Mister William Feather a écrit un jour  » Finir un bon livre c’est comme quitter un bon ami ». Dans le même registre si un jour Stupéflip devait s’arrêter bin… Sûr qu’je serais triste, que j’aurais un petit pincement au cœur en utilisant mon crayon titi ou des coups de mélancolie en réécoutant des sons devenus vieux et indémodables mais j’me vois pas pleurer sur son départ ou pire me rajouter à la longue liste de trolls et autres ouin ouin rageux qui brassent de l’air et ne discutent de rien sur le face de plouc de l’ASFH en s’donnant des airs importants, d’la merde !!

Stupéflip c’est le besoin de se sortir les tripes, l’envie de mieux, de meilleur, le frère jumeau imaginaire et bizarre que t’as toujours eu, la petite voix au fond d’toi que trop souvent t’écoutes pas. Stupéflip c’est une grosse claque d’empathie dans ta gueule, un truc qui t’apprend l’humilité, qui te dit « fais pas aux autres ce que t’aimerais pas qu’on te fasse à toi même », Stupeflip c’est un baume pour les moments difficiles et un leitmotiv pour tous les autres !

Et oui petits haters de mes couilles, Stupéflip est plus humaniste que vous n’le serez probablement jamais, revoyez vos classiques et prenez en de la graine !

Alors pour finir si un jour Stupéflip devait s’arrêter, j’trinquerais à notre improbable rencontre, j’continuerais à me perdre loooooooooooiiiin dans un p’tit coin d’mon cerveau, à écouter ça en boucle à en rendre barge ma copine, à m’remuer les tripes jusqu’à la larme sur certains sons, à faire péter les basses à fond en hochant la tête d’avant en arrière et en gribouillant des pages et des pages sur des vieux cahiers car même les plus récemment contaminés le savent, quand bien même Stupéflip disparaitrait… #lecrounemourrajamais !

http://toto-scottbean.deviantart.com/

#ASFHart « Stupeflip – Le crayon Titi » By TOTO-Scottbean

Tendresse et Chocolat dans vos cœurs, votre humble serviteur lapin hiboux,
P.F.Y.

Dédicaces à Moon, Ben, Znaybr, Bezu Ze Pimp, Red, Babou, Mik, John, Dim, Jon, Reileb, Bobby, Horizontal Prod, à tous ceux et celles avec qui on a écouté Stup, aux gentils lapins de l’ASFH et à tous ceux et celles « qui galèrent sans tomber dans l’aigreur, la tolérance et la bienveillance ça veut encore dire quelque chose. »