Band Of Guignols

Guignols and proud to be !

Guignols and proud to be !

Avant propos :

Bon, bon, bon… Après mon premier papier coup de gueule sur un certain type d’airsoft et des retours qui en ont découlé, je trouvais injuste de rester sur cette image là et de ne pas redorer le blason de ce sport/loisir/passion/jeu, parce que quoi que puissent en dire ses détracteurs, il le vaut bien ! 🙂

J’ai tenté en écrivant cet article de rester fidèle aux guignols qui ont fait plus que m’inspirer et de ne pas me censurer. Ni dans les propos, ni dans les photos ou visuels, au risque peut être de choquer ou de me heurter à des lecteurs qui auront du mal a enlever leurs œillères.

J’invite ces derniers à essayer de voir les choses différemment, à se dire qu’en grande majorité un airsofteur ou une airsofteuse (oui ça existe et pas que « la copine de ») sont des gens tout ce qu’il y a de plus normaux que peut être sans savoir vous croisez tout les jours dans votre escalier ou chez le boucher. Niveau sécurité l’airsoft est à peu près aussi dangereux que l’escalade ou l’aqua-mobylette c’est à dire nullement si bien encadré et niveau prix c’est à peu près aussi cher pour commencer que n’importe quel autre sport en club ou association. (cotisation + assurance + achat de matériel de jeux et de protection, perso j’ai commencé avec 400€)

Prenez aussi note de ce qui suit, je n’utiliserais une majorité des mots qui suivent que dans ce paragraphe :

En airsoft, malgré la ressemblance, il n’y a aucune ARME, ce sont des RÉPLIQUES et si il y a bien des MINES, des GRENADES et des COUTEAUX, les premières n’envoient que de l’eau; les secondes rien du tout a part un « bang » digne d’un pétard et les troisièmes sont OBLIGATOIREMENT en PLASTIQUE SOUPLE. Personne n’est MORT, les gens sont OUT puisqu’on ne TIRE pas des BALLES mais on LANCE (a une puissance obligatoirement inférieure à 2 joules) des BILLES (biodégradables) et ce ne sont pas des SOLDATS mais des JOUEURS PROTÉGÉS avec des protections ADÉQUATES (un masque de snow ne compte pas…) et parmi lesquels il n’y a aucun MINEUR. Les ASSOCIATIONS (loi 1901) et joueurs sont ASSURÉS, les AUTORITÉS locales (pompiers, mairie, police) sont prévenues, la présence de joueurs et l’organisation de PARTIES sur les terrains AUTORISÉS est ENCADRÉE par un voire plusieurs RÈGLEMENTS en plus de le LÉGISLATION FRANÇAISE ou des divers accords mis en place avec le ou les PROPRIÉTAIRES de terrains. De surcroit, l’utilisation et le port de certains UNIFORMES est, chez nous du moins, strictement réglementé et réservés aux joueurs ayant fait preuve de leur détachement total de l’idéologie MILITAIRE, RELIGIEUSE et/ou POLITIQUE pouvant être véhiculée par ces mêmes uniformes.

Pour les divers membres d’associations qui diront « ho mon dieu, un uniforme allemand, chocking !!! Verbotten !!! » je vous invite a vous (re)pencher sur les diverses guerres d’Algérie, d’Indochine, sur le régime de Staline, de Poutine, de certains pays de l’est ou d’Asie ainsi qu’aux états unis et biens d’autres encore, actuels ou passés. Ce genre de réflexion relativement commune est vraiment plus qu’hypocrite je trouve et la législation française n’interdit pas (sur terrain privé et hors de vue de la voie publique toujours) l’uniforme qui est celui de la Werhmacht avant d’être celui des nazis, la législation française interdit (hors tournage de film ou reconstitution historique, dans les deux cas à déclarer en préfecture au préalable) les divers symboles fascistes qui peuvent éventuellement se trouver dessus.

Pour ce qui est du fond de la pensée en elle même, un monsieur bien plus sage que moi a un jour dédié un de ses livres de la façon suivante :

« À la mémoire de mon grand-père Leprêtre, ancien combattant de Verdun, mineur de fond, et à celle de mon père, ancien résistant, professeur, qui m’ont ouvert en grand la mémoire de l’horreur et fait pourtant apprendre la langue allemande, parce qu’ils sentaient bien que le manichéisme en histoire est une sottise. »

– Michel Quint- 2000

J’approuve totalement !

Pour les mineurs motivés à pratiquer l’airsoft, je ne connais pas votre frustration mais soyez patients !! Je ne peux qu’insister sur la nécessité de respecter la législation française et d’attendre votre majorité. Sans parler du jeux illégal ou « à la sauvage » (même toléré/financé/autorisé par papa et maman…) quasiment aucune association ne vous acceptera, même avec des répliques adaptées à vos âges (sachant que la moindre petite réplique achetée dans un magasin lambda, en supermarché ou chez un buraliste (…) est déjà trop puissante…) et je vous invite a vous méfier fortement de celles qui vous accepteraient. Renseignez vous, faites le tour des forums des associations pas loin de chez vous, regardez aussi les forum nationaux et encore une fois, soyez patients ! Le fait d’attendre pour jouer dans de bonnes conditions, de manière encadrée et sécurisée sur un terrain autorisé, ne pourra que décupler votre plaisir à jouer et découvrir enfin ce loisir sans le marginaliser plus qu’il ne l’est déjà.

Ces petites explications faites… Place aux réjouissances !

 I don’t know if we have crossed enough rivers to be men but i know that this experience have changed us, that we would never be the same after this…. We were young and experiences keep us united. We were full of illusions and life has opened our eyes… Now for the world we were, are, and shall be Band of guignols. In loving memory of all sad clowns. »

Georges Abitbol – Chiquito 1975

BAND OF GUIGNOLS

"lets play victory" ou comment l’Allemagne a perdu la guerre du Vietnam face a trois as de pique

« lets play victory » ou comment l’Allemagne a perdu
la guerre du Vietnam face à trois as de pique…
True story dude… PFY©2014

Le monsieur habillé en soldat de la Werhmacht à gauche c’est le président d’une des deux assos d’airsoft dont je fais parti, créée cette année, et qui pratique l’airsoft depuis pas loin de 10 ans. Le monsieur face à lui, habillé en GI américain période Vietnam c’est le président de l’autre asso créée elle en 2008. Autrement dit et malgré peut être les apparences premières, ce sont des gens responsables qui pratiquent l’airsoft depuis longtemps, qui savent faire la distinction entre l’airsoft, le jeux et le reste de leur vie et qui sont conscients des droits et devoirs d’une association ainsi que de la responsabilité qui leur incombe auprès des membres, des autorités ou vis à vis du regard qu’a le « grand public » de l’airsoft. Pour résumer ce sont des guignols certes mais des guignols conscients et fiers de l’être !

Et en dehors de ce « choc » des guignols que j’aime beaucoup, ce que j’ai voulu représenter avec cette photo c’est en partie le fait que malgré leurs différences d’uniformes, d’époques, les mitrailleuses lourdes sur les sacs de sable en arrière plan, toute la symbolique qu’a chacun de ces éléments ainsi que l’improbabilité d’une telle rencontre entre ces deux personnages, ces derniers ne font que jouer aux cartes et semblent sourire. Parce que sur cette photo comme en airsoft, a partir du moment ou la base est posée, ce qui est important à retenir c’est le jeux et le rire  !

C’est la base très claire et revendiquée d’une grande majorité d’airsofteur et d’airsofteuses a qui j’ai posé la question, l’envie de jouer et de se détendre en plein air quel que soit le temps, de péter un bon câble sans causer de tord a personne ou sans drogue ou excitant quelconque (tabac, alcool café, boissons énergisantes, gloubiboulga, herbe, chocolat, même combat), de faire une coupure plus ou moins nette avec le reste de la semaine, d’être quelqu’un d’autre un temps, s’évader sans se prendre au sérieux. Pour ma part, avec les années et une quinzaine de sports essayés ou pratiqués au compteur, je n’ai toujours pas trouvé d’équivalent qui permettait de se défouler physiquement et moralement aussi radicalement.

Mais il manque un point essentiel dans ce court listing (non exhaustif) que je ne saurais oublier sans me flageller violemment à la gloire de Cucu car l’airsoft est un jeux collectif et le côté humain y est donc plus que présent !

BAND OF GUIGNOLS VALUES

Premier Visuel du forum lors de la création de l’association OSOK Airsoft – Znaybr©2008

Tout comme les deux personnes sur la photo au dessus, les pratiquants et pratiquantes d’airsoft viennent de tous horizons, de toutes origines ou catégories socios professionnelles. Il y a des hommes, des femmes, des jeunes (majeurs) des moins jeunes (58 ans pour le plus vieux au dernier recensement perso) certains ont pour 3000€ de matos, d’autres 150€, certain(e)s ont « la tenue complète », d’autres jouent en jean, baskets, certain(e)s sont des passionné(e)s d’histoire, certain(e)s préfèrent le côté stratégique plus long et moins violent que le paintball, certain(e)s préfèrent le côté rôle play quand d’autres encore cherchent juste à se défouler.

Mais tous sont réunis par la même vision de l’airsoft et tous sont capables d’oublier leurs éventuelles divergences pour arriver aux divers buts communs cités au dessus. Le tout normalement facilité par le fait qu’en l’airsoft, à l’inverse du paintballl, les billes ne tachent pas et les arbitres n’étant pas une obligation (ni même ne peuvent tout voir, un terrain d’airsoft n’est pas aussi petit, plat et dégagé qu’un terrain de rugby) c’est donc à chacun de déclarer ses propres touches.

Et il ne s’agit bien sur pas du pays des bisounours ou il faut être pote avec tout le monde qu’il est beau et il est gentil, non c’est fini le collège et les boums dans la cave de papa, maman. Il s’agit du pays de l’airsoft qui est censé être un monde d’ADULTES où il faut RESPECTER tout le monde en tant que joueur. Je jouais et joue encore avec des gens avec lesquels je le sais, pour diverses raisons nous ne passerons jamais de petites soirées à boire une binouze dans un bar ou a se faire une bouffe chez les uns ou les autres. Par contre ce sont des gens que je respecte et qui sur le terrain comme en association, sont mes égaux puisque mus par la même envie/passion.

Les 6 ou 7 personnes avec qui j’ai commencé l’airsoft étaient soit un de mes frangin soit des potes et tout a toujours été fait dans le respect de la loi sur les terrains comme dans les papiers Par extension, une fois cette base stable posée, le fair-play et l’ambiance décontractée sur le terrain ont toujours été de rigueur voir notre marque de fabrique et nous ont rapidement poussé a choisir un leimotiv et une mascotte adaptés :

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Écusson : Znaybr©2008 – Photo : PFY©2009

Mais ces valeurs sont heureusement loin d’être les seules ou notre unique propriété. Dans les champs, forêts ou bâtiments du petit monde de l’airsoft, il y a toute une foultitude de joueurs et joueuses respectables et respectueux que cette aventure humaine attire. Car il s’agit bien d’une aventure, ne vous y trompez pas !

Lors d’une « partie du dimanche » (journée composée de plusieurs petits scénarios et entrecoupée de plusieurs pauses entre chaque partie et a midi pour manger) l’entraide, le partage et l’esprit d’équipe sont déjà de mise mais imaginez vous maintenant sur une partie de plusieurs jours (OP) quand vous devez partager votre « quotidien » (un quotidien particulier certes) avec d’autres joueurs le tout sans pause hors jeux.

Imaginez vous sous une pluie battante et une nuit sans lune rampant dans les hautes herbes à l’approche du camp ennemi en cherchant à distinguer quelle tache sombre est un adversaire et non un buisson.

Imaginez vous le lendemain en plein soleil à regarder votre carte pour vous repérer sur un terrain de XX hectares que vous ne connaissez pas tout en vous demandant si des adversaires ne sont pas juste à côté.

Imaginez vous construire des barricades, nids de mitrailleuses ou tours de guets en bois. (oui, l’airsofteur est généralement adepte des cabanes dans les arbres)

Imaginez vous courir tout seul à travers champs et bois sans savoir où vous allez pour fuir un adversaire trop fort pour vous.

Imaginez vous en train de vous demander si votre plan de sauvetage à première vu parfait n’est finalement pas une grosse mission kamikaze.

Imaginez vous vous faire cuire votre petite tambouille au réchaud au moment ou l’équipe adverse attaque votre camp.

Imaginez vous de nuit dans une foret ou la lumière ne passe pas et où vous ne voyez pas vos propres mains confondant lumières a 100 mètres et lucioles à 1 mètre 50.

Imaginez vous au petit matin devoir traverser une rivière pieds nus pour finir otage et attaché à un piège en attendant de l’aide de votre équipe.

Imaginez vous un adversaire qui tout sourire vient vous féliciter de l’avoir mis hors jeux alors que vous même n’en étiez pas sur.

Imaginez vous, après plusieurs heures de jeux de jour comme de nuit, partager un délicieux Chili con carne maison avec les PNJ et adversaires motivés le temps d’une trêve de quelques heures bien méritée.

Imaginez vous en train de jouer parce qu’on vous a prêté l’intégralité du matériel de jeux et de protection nécessaire.

Vous la sentez un peu là l’expérience humaine à part ? Vous le sentez comme les gens proche de vous dans ces situations deviennent des êtres précieux à chérir et aider ?

Dans d’autres mesures et proportions, j’ai un peu l’impression d’essayer d’expliquer quel gout a le chocolat ou qu’est ce que ça fait d’être amoureux à quelqu’un qui ne connaitrait aucun des deux et je sais qu’une partie de la précédente énumération doit me/nous faire passer pour de gros malades auprès des profanes mais tout d’abord soyez en surs, arrivé au dimanche vous n’aurez plus la même vision des gens avec qui vous êtes arrivés le vendredi, c’est une certitude et dans 99% des cas, une bonne surprise.

Après même si j’ai quelques exemples à qui ça n’a pas posé de probleme une seconde, une OP est peut être un départ un peu radical pour découvrir l’airsoft. Cela demande notamment un minimum de connaissances sur les règles de sécurité (qui sont nombreuses) ainsi que parfois, la capacité de se mettre dans la peau d’un personnage ce qui sans offense aucune n’est pas inné chez tout le monde.

OP Squirrel Woods 3 - Blacklisted - PFY/Reileb 2014

OP Squirrel Woods 3 – Blacklisted – PFY/Reileb©2012

RAPPORT D’ENQUÊTE

En écrivant cet article, je n’ai pas réussi à trouver quel mot clair et explicite utiliser pour définir l’airsoft, sport, jeu, loisir, passion… No sé… Surement parce que c’est un peu tout ça à la fois, surement aussi parce que les petites cases bien rangées c’est de la merde et que les raisons de chaque joueur ou joueuse sont diverses et nombreuses.

Mais je sais que pour une grande majorité ces raisons sont saines et les valeurs qui en découlent aussi. Elles sentent bon le respect de chacun et les fleurs des champs au bout des répliques plutôt que la compétition et les baïonnettes, elles parlent de gentils fions, d’unité et de connaissance de l’histoire plus que de grosses moqueries, de jeux solo et d’envies guerrières. Le genre de valeurs qui imposent d’elles mêmes et de bon cœur l’entraide, le partage (de matériel, connaissances ou nourriture) tout comme le ramassage de champignons en automne et la protection de la faune et de la flore toute l’année. Car oui, point important, l’airsoft contrairement à d’autres sports comme la planche a voile ou le snow n’est pas un sport « saisonnier » et peut donc être pratiqué toute l’année.

En caricaturant à peine, une partie d’airsoft ça n’est pas des réformés contre des bidasses qui « jouent à la guerre » (bow’del que cette expression m’énerve) en cassant tout mais plutôt les scouts et les castors juniors qui jouent aux cowboys et aux indiens en profitant et entretenant les terrains qui leurs sont alloués. J’éspère que la notion de second degré ainsi qu’une certaine différence dans le choix des mots n’aura échappé à personne, les enfants et les moyens ont grandit mais le jeux reste la priorité.

A titre personnel l’airsoft m’a fait rencontrer des gens qui sont devenus des amis proches, avec le temps j’ai réussi à réunir en une seule activité, sport, associatif, organisation d’événements, photo, toshop, rôleplay et histoire, je crois que ce serait légèrement abuser d’en demander plus de la part d’un jeu puisque c’est ainis que le décrivent nombreux sites et dictionnaires.

Pour finir, je dirais que si ça n’est qu’un jeu, s’y laisser prendre la première fois c’est un peu comme suivre le lapin blanc au pays des merveilles, qui sait où et quand le voyage s’arrêtera ?…

"Alice"

« Alice » – NRichey©2012

Guignolesquement,
P.F.Y.

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Marchand-e-s de sourires

L’insouciance… Vous vous souvenez ?

Ce cadeau invisible et unique qu’on vous a donné le jour de votre naissance, ce petit truc magique qui vous fait vous émerveiller de tout, cette lueur un peu folle dans le fond de votre regard qui vous fait devenir légers, ce sourire un peu abruti au coin de vos lèvres, cette minuscule graine qui peut vous faire tout abandonner pour suivre l’envie de l’instant, cette aura faible mais contagieuse, ce trésor plus précieux que n’importe quel autre…

Vous vous souvenez ?

Hélas, faute à nous, la vie, les diverses péripéties que chacun et chacune traverse, les choix que nous faisons, cette insouciance plus j’avance et plus je trouve que trop de gens l’ont perdu. Petit à petit sans s’en rendre compte. Égarés dans une sorte de routine, un jour ils se sont retournés et pis elle n’était plus là, depuis longtemps parfois… Et quand je dis « les gens »…  Comme tous ces gens, je me souviens plus à quel moment je l’ai perdu mais quand je m’en suis rendu compte ça m’a fait peur… Peur  d’être devenu aigri, triste, vieux, con… Vieux ET con…

C’est vrai quoi, c’est pas le titre d’une chanson qu’on a aimé, ce qui était écrit entre le kerdane et la litière pour chat sur la liste des courses ni même un anniversaire quelconque. Votre bagnole a un pet elle file chez le garagiste, votre Ibluesamrtphone tombe en rade, le lendemain vous en avez un neuf et là rien ?… Tant pis ?…

Je sais bien que plus on avance plus on vit dans une société ou tout va trop vite et tout, objet comme humain, peut être remplacé au moindre petit pépin mais quand même, comment on peut perdre quelque chose d’aussi personnel, d’aussi intime et irremplaçable sans s’en rendre compte, sans en avoir un souvenir précis ?

Vous vous êtes déjà posé la question ?

Moi oui. Je me suis posé, réfléchir à tout ceci pendant un bon moment bien conscient que quelque chose avait dérapé mais sans jamais arriver à trouver où. Jusqu’à récemment…

A un spectacle sous un chapiteau pendant un festival. Chaleur, fatigue, j’ai fermé les yeux un moment et involontairement, mes oreilles se sont laissé porter par les rires qui jaillissaient ci et là. Tantôt en groupes, tantôt seuls, tantôt étouffés, tantôt incontrôlés, cascades et petites gouttes pour qui en voulait et c’est là que j’ai comprit à quel moment ça avait dérapé.

C’est aussi là que j’ai comprit autre chose de bien plus important, aussi belle puisse être la chanson Barcella se foire, et violemment !

L’insouciance ne se perd pas, pas plus qu’elle ne disparait ou ne meurt, elle s’estompe juste faute d’être sollicitée et si chacun et chacune d’entre nous a la possibilité de faire ressurgir cette précieuse étincelle en soi, il est aussi possible de la faire renaitre chez les autres, certains en ont carrément fait leur métier.

Marchand-e-s de sourires

Bénédicte, Envoyée du mystère difficile. Compagnie « liquidation totale »
Festival Chaps a Chap – Chapareillan – 10, 11, 12 et 13 Juillet 2014

Inter-plus-ou-moins-mi-temps, graphistes, saltimbanques, ébénistes, clowns, caméramans, acteurs, écrivains, techniciens, graffeurs, perchistes, ingés sons, jongleurs, photographes, musiciens, bénévoles, pigistes, organisateurs et j’en passe, j’ai la grande et réelle chance d’avoir dans mon entourage plus ou moins proche un nombre conséquent « d’artistes » (je n’enlève aucun mérite à personne mais je n’aime pas ce mot) et surtout j’ai l’extrême chance que ces gens soient tous des passionnés qui plus qu’un métier (pour ceux dont c’est la profession) y voient généralement, un raison d’être, de vivre, d’avoir un impact réel et direct sur « le monde ».

Et quand je parle de métier, même pour ceux qui tachent d’en vivre c’est hélas une image car, dans l’évènementiel de manière générale, quand il n’est pas directement question de bénévolat et/ou d’évènement gratuit, malgré le temps et l’investissement humain/matériel/technique/financier fourni on parle plus de survivre ce qui est assez fou si on y songe. Dans quelle société malade les gens qui nous soignent, qui s’occupent de nos enfants ou qui nous permettent de nous évader peuvent ils être moins biens considérés que ceux qui font fructifier notre argent à nos dépends, ceux qui parlent en nos noms sans nous demander nos avis ou ceux encore dont le seul métier et de garder le leur ?

J’enfonce des portes ouvertes ?…

Et bien j’les enfoncerais jusqu’à c’que j’en crève et comme Goldman j’irai jusqu’au bout d’mes rêves et même si la chanson elle sert à rien, j’crois qu’ça m’f’ra du bien de gueuler c’refrain !

Bref…

Car ne vous trompez pas, à des niveaux divers et de multiples façons le métier de (presque) tous ces gens est bien le même : proposer du rêve, de l’évasion, une réflexion, un regard décalé, un mode de vie, une partie d’eux même, DE LA CULTURE !!!

 

Et, j’en remet une petite couche, contrairement à ce que l’on entend beaucoup et à tort en ce moment, tout ceci prend du temps, quel qu’il soit on ne créé pas un spectacle en claquant dans les doigts et de l’idée de départ a la première prestation publique, c’est un travail de titan car vous vous en doutez, tout le monde n’a pas un staff de XX personnes pour gérer les différents rôles et que ce qui est déjà un travail conséquent avec une équipe complète devient carrément délirant en plus petit comité voir en solo.

"Ramone Perez " - Printemps des cultures urbaines 3 - du 8 au 17 Mai 2014 - Aix-Les-Bains

« Ramone Perez  » – Printemps des cultures urbaines 3 – du 8 au 17 Mai 2014 – Aix-Les-Bains

Mais comme je le disais plus haut, prenez en bien conscience et remerciez les profondément, les marchands de sourires sont généralement des passionné-e-s, des fous et folles  illuminés qui actuellement, sans même parfois être surs d’être ne serait-ce que défrayés, continuent à proposer spectacles, concerts et festivals à prix libres, au chapeau et parfois, comble de l’hérésie, gratuitement… Quel monde malade vous disais-je…

Et là, tout en tachant de garder le ton général de ce papier pour du tout public, je hausse un peu le clavier parce que quand je parle de ce genre d’évènements, on me répond souvent des aberrations du genre

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Ce qui en fait, de manière posée et réfléchie signifie (pour la personne qui le dit) que les artistes ou organisateurs en question ne sont pas surs de leur talent ou de la qualité de leur prestation et préfèrent donc ne pas mettre de prix défini ou de prix tout court… Mais ce genre de conneries ça me donne pas envie d’être posé et réfléchit… Enfin si mais pas que…

Parce qu’en partant de cette simple évidence, la qualité d’un objet ou d’un service ne serait donc qu’uniquement proportionnelle à son prix ?…

Ça fait froid dans le dos de penser à ce à quoi on arriverait en extrapolant a peine… Et pis sérieux, j’suis déjà un peu misanthrope sur les bords mais lutin de poubelle de mercredi c’est le genre de truc qui n’aide pas. Il doit y avoir un réflexe conditionné dans mon corps qui fait que maintenant à force de répétition, quand ce genre de propos arrive à mes oreilles, mes mains ont aussitôt envie de prendre la tête de la personne qui parlait pour permettre à mon genoux d’entrer un court instant en contact avec son nez tellement ça me hérisse le poil qu’une personne puisse un avoir un avis aussi tranché et faux tout en démontrant de manière explicite sa non réflexion absolue sur le sujet.

Fête de la musique 2014 - Chambery>/br> " Les joyeux Jojos "

Fête de la musique 2014 – Chambéry
Les joyeux Jojos

Pour ne parler que de ce que j’ai fait dernièrement et uniquement dans une mouvance tout public, pas cher, prix libre ou gratuit il y a eu :

les printemps des cultures urbaines #3 : musique, graff, jongle, déambulations diverses, théâtre de rue, cinéma plein air, démos et ateliers divers => TOUT GRATUIT

Le Guillet libre : musique, cirque, animations, jeux en bois et pizzas maisons qui déchirent !! (seul prix fixe => softs a 1€, bières a 2€)

Marché des continents : Stands d’associations + concerts gratuits

Convention de slackline en Ardèche : slack/watter/high/space/tree/jump line, contest de jumpline, canoés kayak gratuits !!! (seul prix => camping 5€)

– Fête de la musique : Je vous fait un dessin ? => GRATUIT !!

– Les Airs du Belvédère : Musique en plein air (seul prix => boissons 2€)

Festival Chaps a Chap : camping, bouffe, boisson, spectacles, jeux en tous genres et à toute heure, gratuits, pas cher ou à prix libre, payant pour les spectacles et certains concerts sous chapiteau ou en salle (entre 7 et 15€)

Arrivant le weekend prochain :

Festival Rock’n Poche #23 : => Musique, musique, musique, musique, et pis camping !!!!!! 50€ = pass 2 soirs + camping + 10€ de boissons (financement rock’n poche)

Ensuite il faudra attendre un peu avant le concert mais dans cette même mouvance cette année, les Ogres de Barback fêtent leurs 20 ans… 20 ans d’existence et d’autoproduction… 20 ans d’indépendance !

Et quitte a faire un peu de pub tant qu’on est dans la musique indépendante, autant glisser aussi CD1D regroupement de labels indépendants dont le but est de passer le son directement du producteurs à l’auditeur !

Tout ça pour dire qu’il me parait évident que l’argent n’est pas le principal attrait et/ou que certain-e-s ont trouvé quelque chose de plus précieux en route !

Compagnie "le radeau" - Festival Chaps à Chap

Et si le coffre à trésor est vide… Quelle est la récompense ?…
Compagnie « Le radeau » – Festival Chaps a Chap – Chapareillan – 10, 11, 12 et 13 Juillet 2014

Comme dirait lofo « j’ai pas d’conseils à donner si c’n’est à moi même » mais quelque part dans le fond de mon cerveau, j’ai le faible et persistant espoir qu’émerge dans la tête de certaines personnes l’idée que si oui il y a bien une raison aux divers spectacles  » prix libre  » c’est peut être plus dû à une envie de responsabiliser le public qu’à un manque de talent de la part des artistes….

Je vous laisse relire cette dernière phrase, je crois que c’est la plus intelligente de tout le papier.

De la même manière, si oui aussi il y a bien un débat à mettre en place sur le sujet de l’intermittence et de la culture en ce moment, il faudrait voir à ne pas se tromper sur le sujet qui finalement est loin de ne toucher que la culture et l’intermittence :

Voila, on arrive à la fin de ce petit compte rendu sur le printemps des cultures urbaines… Oui, y’a eu quelques chamboulements je sais, désolé. Life, lala lalala, life is life !

Très égoïstement et pour bien des raisons ce début d’été devait être spécial et exceptionnel. Et puis la vie prend parfois des détours inattendus, des sentiers non balisés où il fait finalement bon se perdre et s’oublier, où la compagnie est souvent plus qu’appréciable et qui de toutes façons sans être forcément mieux ou pires que ceux prévus ont au moins le mérite d’être différents.

Du coup il serait injuste que je termine sans un merci immense et sincère à tous les marchands et marchandes de sourires croisés ci et là depuis quelques temps. Ceux et celles qui étaient sur scène, ceux et celles qui étaient dans le public, sur une place ou une route, au bord, dans ou au dessus du Chassezac,, sous un chapiteau ou dans un champ, en pleine jungle sud américaine, dans un bled isérois, ailleurs, sans oublier bien sur tous ceux et toutes celles que je n’ai pas croisé mais qui se reconnaitront dans ces lignes.

Avant tout pour leur envie et leur capacité à proposer une culture ouverte à un public le plus large possible, c’est vraiment quelque chose qui me tient a cœur. Ensuite parce que tous ces magiciens de la vie, plus que des concerts, des spectacles, des jeux, du théâtre, des pass photo, de la nourriture, et d’autres choses savent OFFRIR de l’insouciance, du rêve, des sourires… de l’humain… Et là mesdemoiselles, mesdames, messieurs… Je ne peux que m’incliner, apprécier et espérer que d’autres en prendront de la graine !

Pour citer un homme sage  » je l’ai déjà dit mais j’vais l’dire encore et encore, la vie bouge bien trop vite, si tu t’arrêtes pas de temps en temps elle peut… Te filer entre les doigts. « 

C’était bon de s’arrêter et de profiter de l’instant avec vous, merci encore !

Guignolesquement,

P.F.Y.

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Photo de couverture : My daughter kanna par Toyokazu