My Dear Hadopi

Salut toi,

Ça faisait une paye depuis ton dernier mail, j’ai presque cru que tu m’avais oublié. Hélas c’est le cœur un peu lourd que je prends mon plus beau blog et que je t’écris à mon tour, notre amitié se meurt…

Pourtant depuis ton tout premier mail, j’étais persuadé que nous serions amis pour la vie tellement tu m’avais fait rire !! Un premier mail à propos d’un certain Barcella.  A l’époque j’avais pensé que c’était ma mère qui avait téléchargé ça, c’était dans ses cordes musicales. Puis après avoir passé dix minutes à lui expliquer comment enregistrer une pièce jointe de mail dans un dossier pendant qu’elle prenait des notes, j’ai abandonné l’idée qu’elle puisse utiliser un logiciel de peer to peer sans une cellule de crise surentrainée.

Car oui au final, je sais que c’est dans ses cordes musicales parce que je l’avais téléchargé cet album de Barcella… Après ton mail.

Hadopi report, un rêve devenu réalité ?… Phillip K dick n’a qu’a bien se tenir !

Non mais c’est vrai, faut pas rester con et ça m’aurait ennuyé de ne même pas connaitre l’artiste que tu me prétendais avoir téléchargé. J’avais commencé a l’écouter sur deezer ça partait bien et puis une vielle pub est venue se glisser entre deux chansons, ça m’a gonflé, zou, torrent ! La musique j’aime bien avoir ça en bonne qualité et, quand je découvre un artiste, j’aime bien aussi pouvoir écouter l’album en entier sans coupures pub au milieu, curieux non ? Au final, je suis pas fan de tout mais y’en a quelques une de bonnes, merci à toi pour la découverte donc !

Pis il y en a eu d’autres, des « par anticipation » dirons nous, des que je n’ai jamais téléchargé, ni avant, ni après (la colère des titans… tssssss) et d’autres, vrais ceux ci, je m’en voudrais de dire que tu ne sers complémentent à rien ou , à défaut, que tu te trompes à chaque fois. Dans le choix des œuvres repérées il y a une logique qui m’échappe mais en parlant de toi je suppose que comme une mouche au cul d’une vache, c’est normal.

Au final, je crois que je m’en serais voulu qu’avec non pas moins de 100 millions d’euros jusqu’en 2022 hors gigantesques frais « annexes » je n’ai pas droit à mes petits mails et même mes petites lettres ! Tu as su suivre mes divers déménagements au fil du temps, respect.

Puis il y a ce que tu n’as pas vu, ce qui parfois a découlé de ces téléchargements, l’armoire de mon frangin qui comporte l’intégrale des « Kaamelott », DVD et BD, L’intégrale DVD et la BD de la série « Lazy company » que j’ai acheté pour moi et en doublon pour mon frangin, sa copine adore, la Bande originale surtout BO. Car oui, Lazy company m’a fait découvrir Mister Janski Beeeats aussi. J’ai même un couple de pote qui se sont abonnés à OCS juste pour Lazy company, je peux  pas tellement faire mieux a partir de un seul téléchargement. Depuis il m’ont d’ailleurs conseillé « la fabuleuse et pathétique histoire des frères Templeton » c’est dire si le téléchargement tue l’art et ferme les possibilités de découvertes.

Ce que tu ne vois pas non plus ce sont les mails de Ulule et Kisskissbankbank qu’en ce moment je reçois a la pelle, je n’en ai gardé qu’un seul par projet :

untitled-1

Permet moi de te lister rapidement leurs objectifs et résultats actuels afin que tu puisses comprendre un instant que quand les gens aiment un artiste ils sont (parfois largement) prêt à mettre la main au porte monnaie, merci le crowdfunding :

  • Stupeflip (nouvel album + Pack divers) objectif : 40000€ – atteins : 348933€ reste 6 jours
  • La Casa Bancale (nouvel album « Welcome » + packs divers) – Objectif : 7500€ atteins : 7913€ terminé
  • Babylon Pression (nouvel album « Heureux d’être content » + packs divers) – Objectif : 5000€ – atteins : 4332€ reste 28 jours
  • Vercors (premier EP éponyme déjà produit) eux pas d’objectif, prix libre, le disque est déjà auto produit, un concept qui te dépasse j’en suis sur
  • Le Mento Cloub (premier album + packs divers) – Objectif : 2500€ – atteins : 235€ reste 31 jours

Et comme je décide de ne plus rien te cacher tu pourras voir que contrairement à des CD que j’aurais pu acheter entre 15 et 25€ pour un cd ou entre 5 et 10 pour un EP dans un commerce (pour ceux que j’aurais pu trouver dans un commerce) là j’ai généralement claqué entre 20 et 45 et tu sais quoi ? Bin ça m’a fait plaisir et si j’avais pu j’aurais mit plus ! Du coup te concernant, j’ai bien peur qu’arrivé a ce stade de cécité des lunettes soient inutiles…

Effectivement j’ai parfois plus qu’un cd (parfois pas) mais pour moi ça n’est pas la l’important quand on parle de musique, d’art, ou de liberté d’expression  de manière plus générale. Je pourrais tenter de t’expliquer mais je te sens déjà, à ce niveau de ma lettre, au bord des larmes…

Si je parle de 2022 au dessus c’est qu’il y a quelques temps, j’apprenais ta mise sous assistance respiratoire artificielle avec une chance de survie jusqu’à cette date. Mais hélas, tu sembles faire vivre trop de monde que l’on ne saurait employer autre part, pour qui le chômage est une hérésie et qui du coup, luttent désespérément.

D’un autre côté, comme je ne saurais faire de grands discours sur tes bienfaits, ton offre légale ou tes rentrées financières faute de faits concrets, je pense que c’est la fin, tout simplement, comme une vieille blague geek, tu ne me fais plus rire…

Puisque je sens bien que tu ne te sens pas de briser notre amitié et qu’en 2153 tu seras toujours là sous une soi disant nouvelle forme plus adaptée, c’est moi qui vais le faire.

Je ne vais pas arrêter de télécharger, films comme musique, juste utiliser un des (nombreux) moyen que tu ne sais pas détecter. Je ne vais pas non plus arrêter d’aller au ciné en espérant toujours y voir plus de films comme « Good luck algeria », « Dieu merci » ou « La vache » que n’importe quel marvel, dc ou Xmen. Je ne vais pas non plus arrêter d’aller à des concerts ou d’acheter les albums des artistes que j’aime et si possible de main à main. Parce que c’est ainsi que les choses marchent de nos jours, il t’en aura décidément  fallut beaucoup de temps pour ne toujours pas comprendre ça…

Au tout début à ta naissance, les gens méchants se moquaient de toi et disaient qu’à l’age du numérique tu étais un dinosaure…

hadopi

Je crains que ça n’ai été qu’un euphémisme, à l’ère du crowfundiong, t’es devenue aussi vieille que LUCA.

Adieu mon amie, ce fut une douleur insoutenable d’écrire ces lignes mais je me dois de te dire que c’est probablement plus du à ma gastro entérite qu’à de notre séparation…

PFY

Marchand-e-s de sourires

L’insouciance… Vous vous souvenez ?

Ce cadeau invisible et unique qu’on vous a donné le jour de votre naissance, ce petit truc magique qui vous fait vous émerveiller de tout, cette lueur un peu folle dans le fond de votre regard qui vous fait devenir légers, ce sourire un peu abruti au coin de vos lèvres, cette minuscule graine qui peut vous faire tout abandonner pour suivre l’envie de l’instant, cette aura faible mais contagieuse, ce trésor plus précieux que n’importe quel autre…

Vous vous souvenez ?

Hélas, faute à nous, la vie, les diverses péripéties que chacun et chacune traverse, les choix que nous faisons, cette insouciance plus j’avance et plus je trouve que trop de gens l’ont perdu. Petit à petit sans s’en rendre compte. Égarés dans une sorte de routine, un jour ils se sont retournés et pis elle n’était plus là, depuis longtemps parfois… Et quand je dis « les gens »…  Comme tous ces gens, je me souviens plus à quel moment je l’ai perdu mais quand je m’en suis rendu compte ça m’a fait peur… Peur  d’être devenu aigri, triste, vieux, con… Vieux ET con…

C’est vrai quoi, c’est pas le titre d’une chanson qu’on a aimé, ce qui était écrit entre le kerdane et la litière pour chat sur la liste des courses ni même un anniversaire quelconque. Votre bagnole a un pet elle file chez le garagiste, votre Ibluesamrtphone tombe en rade, le lendemain vous en avez un neuf et là rien ?… Tant pis ?…

Je sais bien que plus on avance plus on vit dans une société ou tout va trop vite et tout, objet comme humain, peut être remplacé au moindre petit pépin mais quand même, comment on peut perdre quelque chose d’aussi personnel, d’aussi intime et irremplaçable sans s’en rendre compte, sans en avoir un souvenir précis ?

Vous vous êtes déjà posé la question ?

Moi oui. Je me suis posé, réfléchir à tout ceci pendant un bon moment bien conscient que quelque chose avait dérapé mais sans jamais arriver à trouver où. Jusqu’à récemment…

A un spectacle sous un chapiteau pendant un festival. Chaleur, fatigue, j’ai fermé les yeux un moment et involontairement, mes oreilles se sont laissé porter par les rires qui jaillissaient ci et là. Tantôt en groupes, tantôt seuls, tantôt étouffés, tantôt incontrôlés, cascades et petites gouttes pour qui en voulait et c’est là que j’ai comprit à quel moment ça avait dérapé.

C’est aussi là que j’ai comprit autre chose de bien plus important, aussi belle puisse être la chanson Barcella se foire, et violemment !

L’insouciance ne se perd pas, pas plus qu’elle ne disparait ou ne meurt, elle s’estompe juste faute d’être sollicitée et si chacun et chacune d’entre nous a la possibilité de faire ressurgir cette précieuse étincelle en soi, il est aussi possible de la faire renaitre chez les autres, certains en ont carrément fait leur métier.

Marchand-e-s de sourires

Bénédicte, Envoyée du mystère difficile. Compagnie « liquidation totale »
Festival Chaps a Chap – Chapareillan – 10, 11, 12 et 13 Juillet 2014

Inter-plus-ou-moins-mi-temps, graphistes, saltimbanques, ébénistes, clowns, caméramans, acteurs, écrivains, techniciens, graffeurs, perchistes, ingés sons, jongleurs, photographes, musiciens, bénévoles, pigistes, organisateurs et j’en passe, j’ai la grande et réelle chance d’avoir dans mon entourage plus ou moins proche un nombre conséquent « d’artistes » (je n’enlève aucun mérite à personne mais je n’aime pas ce mot) et surtout j’ai l’extrême chance que ces gens soient tous des passionnés qui plus qu’un métier (pour ceux dont c’est la profession) y voient généralement, un raison d’être, de vivre, d’avoir un impact réel et direct sur « le monde ».

Et quand je parle de métier, même pour ceux qui tachent d’en vivre c’est hélas une image car, dans l’évènementiel de manière générale, quand il n’est pas directement question de bénévolat et/ou d’évènement gratuit, malgré le temps et l’investissement humain/matériel/technique/financier fourni on parle plus de survivre ce qui est assez fou si on y songe. Dans quelle société malade les gens qui nous soignent, qui s’occupent de nos enfants ou qui nous permettent de nous évader peuvent ils être moins biens considérés que ceux qui font fructifier notre argent à nos dépends, ceux qui parlent en nos noms sans nous demander nos avis ou ceux encore dont le seul métier et de garder le leur ?

J’enfonce des portes ouvertes ?…

Et bien j’les enfoncerais jusqu’à c’que j’en crève et comme Goldman j’irai jusqu’au bout d’mes rêves et même si la chanson elle sert à rien, j’crois qu’ça m’f’ra du bien de gueuler c’refrain !

Bref…

Car ne vous trompez pas, à des niveaux divers et de multiples façons le métier de (presque) tous ces gens est bien le même : proposer du rêve, de l’évasion, une réflexion, un regard décalé, un mode de vie, une partie d’eux même, DE LA CULTURE !!!

 

Et, j’en remet une petite couche, contrairement à ce que l’on entend beaucoup et à tort en ce moment, tout ceci prend du temps, quel qu’il soit on ne créé pas un spectacle en claquant dans les doigts et de l’idée de départ a la première prestation publique, c’est un travail de titan car vous vous en doutez, tout le monde n’a pas un staff de XX personnes pour gérer les différents rôles et que ce qui est déjà un travail conséquent avec une équipe complète devient carrément délirant en plus petit comité voir en solo.

"Ramone Perez " - Printemps des cultures urbaines 3 - du 8 au 17 Mai 2014 - Aix-Les-Bains

« Ramone Perez  » – Printemps des cultures urbaines 3 – du 8 au 17 Mai 2014 – Aix-Les-Bains

Mais comme je le disais plus haut, prenez en bien conscience et remerciez les profondément, les marchands de sourires sont généralement des passionné-e-s, des fous et folles  illuminés qui actuellement, sans même parfois être surs d’être ne serait-ce que défrayés, continuent à proposer spectacles, concerts et festivals à prix libres, au chapeau et parfois, comble de l’hérésie, gratuitement… Quel monde malade vous disais-je…

Et là, tout en tachant de garder le ton général de ce papier pour du tout public, je hausse un peu le clavier parce que quand je parle de ce genre d’évènements, on me répond souvent des aberrations du genre

batman-robin6

Ce qui en fait, de manière posée et réfléchie signifie (pour la personne qui le dit) que les artistes ou organisateurs en question ne sont pas surs de leur talent ou de la qualité de leur prestation et préfèrent donc ne pas mettre de prix défini ou de prix tout court… Mais ce genre de conneries ça me donne pas envie d’être posé et réfléchit… Enfin si mais pas que…

Parce qu’en partant de cette simple évidence, la qualité d’un objet ou d’un service ne serait donc qu’uniquement proportionnelle à son prix ?…

Ça fait froid dans le dos de penser à ce à quoi on arriverait en extrapolant a peine… Et pis sérieux, j’suis déjà un peu misanthrope sur les bords mais lutin de poubelle de mercredi c’est le genre de truc qui n’aide pas. Il doit y avoir un réflexe conditionné dans mon corps qui fait que maintenant à force de répétition, quand ce genre de propos arrive à mes oreilles, mes mains ont aussitôt envie de prendre la tête de la personne qui parlait pour permettre à mon genoux d’entrer un court instant en contact avec son nez tellement ça me hérisse le poil qu’une personne puisse un avoir un avis aussi tranché et faux tout en démontrant de manière explicite sa non réflexion absolue sur le sujet.

Fête de la musique 2014 - Chambery>/br> " Les joyeux Jojos "

Fête de la musique 2014 – Chambéry
Les joyeux Jojos

Pour ne parler que de ce que j’ai fait dernièrement et uniquement dans une mouvance tout public, pas cher, prix libre ou gratuit il y a eu :

les printemps des cultures urbaines #3 : musique, graff, jongle, déambulations diverses, théâtre de rue, cinéma plein air, démos et ateliers divers => TOUT GRATUIT

Le Guillet libre : musique, cirque, animations, jeux en bois et pizzas maisons qui déchirent !! (seul prix fixe => softs a 1€, bières a 2€)

Marché des continents : Stands d’associations + concerts gratuits

Convention de slackline en Ardèche : slack/watter/high/space/tree/jump line, contest de jumpline, canoés kayak gratuits !!! (seul prix => camping 5€)

– Fête de la musique : Je vous fait un dessin ? => GRATUIT !!

– Les Airs du Belvédère : Musique en plein air (seul prix => boissons 2€)

Festival Chaps a Chap : camping, bouffe, boisson, spectacles, jeux en tous genres et à toute heure, gratuits, pas cher ou à prix libre, payant pour les spectacles et certains concerts sous chapiteau ou en salle (entre 7 et 15€)

Arrivant le weekend prochain :

Festival Rock’n Poche #23 : => Musique, musique, musique, musique, et pis camping !!!!!! 50€ = pass 2 soirs + camping + 10€ de boissons (financement rock’n poche)

Ensuite il faudra attendre un peu avant le concert mais dans cette même mouvance cette année, les Ogres de Barback fêtent leurs 20 ans… 20 ans d’existence et d’autoproduction… 20 ans d’indépendance !

Et quitte a faire un peu de pub tant qu’on est dans la musique indépendante, autant glisser aussi CD1D regroupement de labels indépendants dont le but est de passer le son directement du producteurs à l’auditeur !

Tout ça pour dire qu’il me parait évident que l’argent n’est pas le principal attrait et/ou que certain-e-s ont trouvé quelque chose de plus précieux en route !

Compagnie "le radeau" - Festival Chaps à Chap

Et si le coffre à trésor est vide… Quelle est la récompense ?…
Compagnie « Le radeau » – Festival Chaps a Chap – Chapareillan – 10, 11, 12 et 13 Juillet 2014

Comme dirait lofo « j’ai pas d’conseils à donner si c’n’est à moi même » mais quelque part dans le fond de mon cerveau, j’ai le faible et persistant espoir qu’émerge dans la tête de certaines personnes l’idée que si oui il y a bien une raison aux divers spectacles  » prix libre  » c’est peut être plus dû à une envie de responsabiliser le public qu’à un manque de talent de la part des artistes….

Je vous laisse relire cette dernière phrase, je crois que c’est la plus intelligente de tout le papier.

De la même manière, si oui aussi il y a bien un débat à mettre en place sur le sujet de l’intermittence et de la culture en ce moment, il faudrait voir à ne pas se tromper sur le sujet qui finalement est loin de ne toucher que la culture et l’intermittence :

Voila, on arrive à la fin de ce petit compte rendu sur le printemps des cultures urbaines… Oui, y’a eu quelques chamboulements je sais, désolé. Life, lala lalala, life is life !

Très égoïstement et pour bien des raisons ce début d’été devait être spécial et exceptionnel. Et puis la vie prend parfois des détours inattendus, des sentiers non balisés où il fait finalement bon se perdre et s’oublier, où la compagnie est souvent plus qu’appréciable et qui de toutes façons sans être forcément mieux ou pires que ceux prévus ont au moins le mérite d’être différents.

Du coup il serait injuste que je termine sans un merci immense et sincère à tous les marchands et marchandes de sourires croisés ci et là depuis quelques temps. Ceux et celles qui étaient sur scène, ceux et celles qui étaient dans le public, sur une place ou une route, au bord, dans ou au dessus du Chassezac,, sous un chapiteau ou dans un champ, en pleine jungle sud américaine, dans un bled isérois, ailleurs, sans oublier bien sur tous ceux et toutes celles que je n’ai pas croisé mais qui se reconnaitront dans ces lignes.

Avant tout pour leur envie et leur capacité à proposer une culture ouverte à un public le plus large possible, c’est vraiment quelque chose qui me tient a cœur. Ensuite parce que tous ces magiciens de la vie, plus que des concerts, des spectacles, des jeux, du théâtre, des pass photo, de la nourriture, et d’autres choses savent OFFRIR de l’insouciance, du rêve, des sourires… de l’humain… Et là mesdemoiselles, mesdames, messieurs… Je ne peux que m’incliner, apprécier et espérer que d’autres en prendront de la graine !

Pour citer un homme sage  » je l’ai déjà dit mais j’vais l’dire encore et encore, la vie bouge bien trop vite, si tu t’arrêtes pas de temps en temps elle peut… Te filer entre les doigts. « 

C’était bon de s’arrêter et de profiter de l’instant avec vous, merci encore !

Guignolesquement,

P.F.Y.

DSC_3611_0001

 —

Photo de couverture : My daughter kanna par Toyokazu

20 ans dignement fêtés !!

Après le coup de cœur et le coup de gueule, un petit coup de pub pour un des derniers festivals savoyard digne de ce nom qui fêtait cette année ses 20 ans d’existence, j’ai bien sur nommé le

Pourquoi digne de ce nom ? Parce qu’à l’inverse d’autres festivals (locaux ou non) qui ces dernières années fleurissent et dont l’intérêt pour la musique semble assez limité, le Rock’n Poche donne raison au dicton

Certains ont l’argent, d’autres le talent !

Partant du principe que le festival est monté par une association et non une entreprise, je vous laisse juger par vous même pour ce qui est de l’argent et j’en viens donc a l’essentiel :

Festival pluvieux, festival heureux !

Arrivée en fin d’aprem le vendredi, juste le temps de monter la tente, de boire un canon avec mes deux compadres que ca y est on est parti !! Un peu déçu de ne pas avoir eu d’accréditation photo et que les appareils soient interdits sur le site mais bon, c’est la vie parait-il. Le temps de passer la sécurité je croise un mec avec un reflex, puis deux, puis trois, puis quatre, sans compter les appareils numériques ou les iphones. Bien dégouté d’avoir demandé et joué le jeux, je fais donc rapidement marche arrière pour aller chercher le mien sauf que : « toute sortie est définitive » et pas moyen de négocier… Salauds !!

Premier festival « les mains vides » depuis… des temps immémoriaux… snif… On regarde vite fait LES BARABANS groupe de reggae local avant de se décaler sur la grande scène pour qu’un pote puisse voir DIDIER WAMPAS et les bikini machine punk parmi les punk me dit-on. Cruelle déception pour ma part, si y’a bien du punk dans l’esprit, pour le son c’est ROCK only et ca manque cruellement de gros pogos endiablés. Dommage…

Le temps d’aller chopper une bière et on revient pour GROUNDATION un « pur groupe de reggae qui dépote » parait-il. Si un jour quelqu’un vous dit ca, pensez a lui demander quelle est sa définition d’un tel qualificatif. Oui Groundation c’est sympa… Chez toi le soir avant d’aller te pieuter ou en fond en soirée mais la… Déjà que je trouvais que Didier Wampas manquait de péchon… Au final la foule enthousiaste a chaque « rastafaraï » ou « legalize » (cons de beatniks) n’y changera rien et la seule chanson un peu pêchue de leur set sera finalement une très bonne reprise de ONE LOVE de Bob. Conclusion, les purs groupes de reggae en concert, a quelques exceptions près… c’est MOU DU GENOUX ! et pour l’apprécier pleinement, faut un créole avec toi de toute façon (private joke) Par contre ca aurait été super pour de la photo, y’en avait de très belles a faire et mine de rien avec ce genre de groupe tu crains pas grand chose dans la fosse.

Mais pas bien grave, ce qui compte aussi dans un festoche c’est l’ambiance générale, la foule, les rencontres impromptues et le cadre ! Donc finalement une fois la balance faite tout va bien et CHINESE MAN arrive !

Premier concert pour ma part et pfffffiiiiiooooouuuuuuuu… Quatre DJ, trois rappeurs et un double écran géant pour du gros, du lourd, du très très lourd !! Petite intro avant de réellement commencer sur GET UP et déjà c’est l’euphorie dans un public a priori conquis d’avance ! Très vite arrive Le pudding a l’arsenic et autour de moi ca devient assez surréaliste comme ambiance, toutes les mains et les têtes se balancent d’avant en arrière et a chaque reprise de la chanson ca saute de partout comme sur du House Of Pain, ÉPIQUE !!

Quelques petits espoirs de voir les choses se calmer un peu pour avoir droit a Washington square ou encore Ordinary Man mais pas moyen, c’est parti pour finir en puissance et si secrètement j’attendais REQUIEM j’ai été bien plus sur le cul de la « surprise » qui nous était réservée : Chinese Man en mode dubstep sur un mix de Miss Chang !

Tout simplement pur finish pour le vendredi soir, mieux c’était pas possible !! (cet avis englobe l’après concerts que je ne commenterai pas içi)

Le lendemain, après un petit tour a Thonon relativement pluvieux, retour au camping où les tentes et bâches ont poussé comme des champignons, il nous reste trois heures avant l’ouverture du site et merci bien, la pluie ne semble pas avoir arrêté les campeurs et festivalières (un peu de parité) qui profitent de chaque rayon de soleil pour sortir de leurs tentes et de chaque averse pour se regrouper sous les bâches. Du coup, pendant que d’autres mettront pas loin d’une heure 20 pour monter une tente, d’autres jonglent, essayent des chapeau de pastèque, d’autres encore… Sont venus avec leurs instruments !! C’est fou le nombre de chansons qu’on peut reprendre avec un kazoo, un mélodica, une guitare, une perçu et des chanteuses et chanteurs motivés, j’arrive même a trouver trois autres guitares et percus, un accordéon et un violon pour l’après concert !

Prit dans l’ambiance, on zappe complet le timing et c’est bien en retard qu’on part sur le site AVEC L’APPAREIL PHOTO !! Tentatives de dissimulation, suggestion de séparation, etc, etc… En fait, le gars de la sécurité à l’entrée en a rien à faire, il me dit même d’y faire gaffe pendant les concerts.

Ca m’a fait marrer alors j’lui ai répondu que ca pouvait pas être pire que le rock am ring, il comprenait pas alors j’ai commencé à lui expliquer, prodigy, rage, les slams de furieux mais il me coupe « désolé j’ai pas le temps, bonne soirée  » j’lui répond  » de même et bon courage  » bref je suis rentré en festoche avec mon reflex et je jubile !!

Le temps de troquer quelques euros contre des veaux puis les veaux contre des bières, de taper la causette avec des inconnu(e)s et de se trouver une bonne place, Debout Sur Le Zinc commence. Pas de souvenirs précis du set mais que du très bon, a l’inverse de ce qu’on m’avait dit l’après midi (note pour plus tard : arrêter de demander des avis) et jusqu’à la toute dernière chanson le public s’en donne a cœur joie (en grande partie sur la scène) La déclaration venant clôturer leur passage de façon magistrale.

De quoi se mettre en jambe pour ceux qui suivent car si Didier Wampas est un punk, Emir kustusturica et le no smoking orchestra sont l’anarchie !!

Dès la première note dans la fosse ca ressemble a un concert de Lofofora tellement le public est déchainé, ensuite c’est très vite devenu du grand délire ! Fuck you MTV, le cours de « danse » par Emir hymself pour une quinzaine de festivalières invitées sur scène, Pitbull Terrier, le duo punko-serbe violon/guitare sur un archet de 4 mètres de long, Romeo and Juliette avec une Juliette en grande forme, le violoniste qui joue avec ses pieds, le public qui passe la moitié du set sur scène et… Gavage de chez gavage, a un moment ou je me trouve être pas loin du premier rang, Emir fait semblant de regarder sa montre… Et avant même qu’il ouvre la bouche, on se regarde avec ma voisine d’avance morts de rire car…

 » Ladies and gentlemens… I think now it’s good time… Good time or…  UNZA UNZA TIME ?!?! « 

Après il a dit encore qq chose mais honnêtement, entre les cris des gens, les miens, la musique qui part, les mouvements de foules, j’ai rien entendu et j’ai clairement pas cherché à comprendre mais a profiter pleinement ce qui n’a pas été dur ! Petite fierté perso, cette photo prise de la fosse pendant ce grand moment de n’importe quoi digne d’un mariage dans chat noir chat blanc !

Hélas pour Sporta Kantes qui arrive juste après, il sera dur voir impossible de faire la transition après pareil concert. Le public commence à se disperser vers le camping, des orages éclatent au loin et ce que bon nombre pensaient être un duo Hip Hop/electro se révèle en fait être assez étrange, une formation plutôt rock (guitares, basse, batterie) avec des chansons relativement inconnues. A un moment on se demandera même si on a pas interverti avec un autre groupe mais non, tandis que les éclairs se rapprochent, LEE résonne et c’est reparti pour un dernier petit tour de danse !!

On décide d’y aller après pour pas se prendre la flotte… Trop tard… Tandis que Sporto enchaine une nouvelle chanson, énorme flash blanc, tout le monde perd ses yeux, le tonnerre éclate juste une seconde après et on retrouvera nos yeux pour se rendre compte que tout a sauté, blackout complet ou quasi. Comme disait mon voisin a ce moment la « Sporto c’est du tonnerre ! » ou comme le dit leur propre chanson « i’ve got rythme with a solid beat » pour sur le beat est solide !!

On marche à peine cent mètres et CRAC ! Déluge soudain de vent, de pluie et d’éclairs, je me demande même a un moment quand vont arriver les grêlons. Le temps d’aller du site de concert au camping, des chaussures au teeshirt en passant par le calebut et tout ce qui était dans les poches, tout est trempé et donc hélas pas de nuit blanche de la blague nulle (private joke) et pas non plus de grand concert de camping avec tous les instruments trouvés l’après midi. Restera le souvenir d’une très bonne année (encore) au rock’n poche et un sèche linge a trouver au réveil !

P.F.Y.

P.s. : le lecteur avisé aura comprit que la musique était régie par les gouts et les couleurs et que par conséquent, mes avis sur les groupes ne sont pas objectifs.

P.S.2 : désolé pour les groupes de la petite scène qu’on a, sans le vouloir, complètement snobé.

Bancale private live !

Mare des forums, saturation de face de plouc d’où tu ne peux pas trop sortir sans passer pour un extraterrestre asocial, du coup on m’a dit  » wordpress c’est cool !  » Assez fier donc d’ouvrir ce blog sur un tel article ; ladies and gentlemens, petits et grands zenfants, touristes de passages et amis de toujours… Ouane Tou, Tri, GET READY !!

Pour les rares chanceux et chanceuses qui ont fait le déplacement, se déroulait hier soir à Chambéry au BRIN DE ZINC, le concert (intime pour le coup) de La Casa Bancale et autant le dire de suite, malgré un public plus que clairsemé, entre ceux et celles qui découvraient le groupe et les autres qui appréciaient le dernier CD (Maison Close) c’était, comme d’habitude bien bancal et bien bien bon !!!

Petit retour en arrière

Un tour chez le garagiste plus tard, les 6 zicos (manquait Antoine, le clavier) débarquent enfin dans leur rutilante camionnette blanche a peine réparée. Le temps d’une balance rapide et avec un bon retard comme tout concert qui se respecte, dans une chaleur digne de chez « madame Rose » ça commence enfin !

Et la… Comme le beaujolais de Gérard ou la bonne poire de Haute Savoie (privates jokes inside) on sent que les bancals ont gardé leur essence profonde mais ont clairement muris pour le plus grand plaisir de toutes les oreilles présentes ! A l’énergie débordante et communicative et au « groove-funky-ska-bancalo-cubain-teinté-de-qq-rythmiques-hip-hop » (dsl j’aime pas les classifications musicales, la musique ca se classe pas, ca s’apprécie) que l’on trouvait déjà sur les précédents albums sont venues se rajouter quelques touches un peu plus rock et les morceaux instrumentaux ont eux laissé la place a plus de textes, le tout créant une ambiance digne de ce nom !

Les amateurs du genre auront noté une reprise de Coldplay plus qu’entrainante (si, si, c’est possible) et les connaisseurs une reprise de Tokyo Ska Paradise enflammée. Pour le reste du set à l’exception des chœurs savoyards, concert 200% made in Lorraine « gros » et avec l’aide de quelques bières bien fraiches pour compenser la chaleur de la salle, ca a été je pense pour tous et toutes, un réel plaisir tout du long !

La légende dit qu’en fin de matinée, aujourd’hui, les bancals proposaient un « swimming calebut private live » hélas, comme je l’ai dit, c’est une légende et je n’ai aucune photo pour étayer la mélodie que le lac et le vent m’ont soufflé…

Bancalement et en attente du prochain concert !

P.F.Y.

Edit : Rajout de la vidéo de « steve » La Casa Bancale – Santé